Discours sur l’état de la nation : Patrice Talon clôt dix ans par des notes d’espoir

Au ton martial et défiant de décembre 2024, a succédé un tempérament plus posé, une physionomie moins fermée. Patrice Talon a souri plusieurs fois, a même ri par moment. Mardi lors de son discours sur l’état de la nation au titre de 2025, le chef de l’Etat a montré son côté émotif et détendu. Le moment l’imposait : il est arrivé le temps des adieux.

Sur des airs d’au-revoir
D’entrée, l’hôte des députés l’a rappelé. C’est le moment de dire les adieux et les mots, a-t-il prévenu au début de son discours, seront assez brefs. Pour montrer que, contrairement à un vaste résumé de son bilan, fait de litanies de réalisations, il a fait l’option de parler comme l’athlète qui arrive au bout de la course, à moitié essoufflé, fier du parcours et du chrono, même si la performance aurait pu être bien meilleure. « J’ai le regret de n’avoir pas tout réussi. Ensemble nous avons accompli de grandes choses ». Plusieurs fois donc, Patrice Talon a insisté sur l’arrivée. « J’ai pris et garder, tout le long des deux mandats, la mesure de leurs attentes, que j’ai donné le meilleur de moi-même, jour et nuit, avec bonne foi et abnégation, pour être à la hauteur de leur confiance…Je veux leur dire aussi que j’ai le regret de ne pas avoir tout réussi ». Pour ceux qui attendaient donc l’énumération de kilomètres de bitumes et de pavés, ce sera pour une autre fois. Au bout de la course, l’athlète a caché à peine, son épuisement, tout au moins moral.

Le ton toujours ferme
Fatigué peut-être. La charge est bien lourde pour dix années, et les derniers évènements qui ont perturbé la tranquillité de la république, lui ayant soufflé un vacillement dangereux, doivent y avoir été pour beaucoup. Le locataire de la Marina a profité pour saluer l’engagement des forces de défense et de sécurité au service de la République. Elles ont pu, a-t-il rappelé avec beaucoup d’insistance, maintenir l’Etat debout mais aussi et surtout, tenu les terroristes à distance, loin de l’intégrité du territoire national L’effort a été énorme. Mais ce n’est pas pour autant que le ‘’Patrice Talon’’, connu pour son ton presque de défiance d’il y a un an, a disparu. L’auteur de « notre passé honteux » ou encore de « aucune supplication, aucun râlement, aucune menace pour satisfaire un quelconque consensus politique » l’a remis, mais cette fois-ci, de façon moins énergique, moins autoritaire. « Quant à ceux d’entre nous qui restent désespérément accrochés à notre passé révolu ou qui peinent à s’arrimer à la dynamique en cours, je prie le Ciel de leur accorder la clairvoyance, l’altruisme et l’humilité nécessaires à leur ralliement afin que leurs frustrations justifiées ou non, cessent de nous diviser », a placé le patron de la Marina à l’endroit de ceux qui ne sont pas encore dans sa vision des choses. Ce n’est pas, à son sens, ce qui va arrêter la dynamique.

L’accent sur l’espoir d’un Bénin changeant et prometteur.
S’il est une chose dont Patrice Talon s’est vanté dans son discours, c’est d’avoir selon lui, contribué à semer le sentiment de fierté chez les Béninois. Pour lui, les Béninois sont aujourd’hui plus fiers qu’ils ne l’étaient hier. Ce qui augure pour lui, un avenir d’assurance si la dynamique est maintenue. Et c’est à ce niveau que le chef de l’Etat prend le rôle du laboureur face à ses fils, au soir de sa mission. « Chaque génération devra apporter à la Nation éternelle, sa part d’innovation et de génie constructif ainsi que son courage, pour empêcher les nostalgiques rétrogrades et les marginaux d’arrêter le progrès ».
En tournant le pas, Patrice Talon souhaite voir continuer, ce qu’il a commencé : une nation qui se construit et qui libère son énergie pour son plein épanouissement.
Inf’au Zénith.








