Ce n’est toujours pas la paix entre le Bénin et le Niger. Au contraire ! Même si on avait craint une escalade au lendemain des évènements du 07 dec à Cotonou, la communication de la Marina a évité d’être précis pour jeter de l’huile sur le feu.
Cotonou renvoie des représentants du Niger : Niamey réagit par réciprocité.
On était au milieu de la semaine, et la fièvre de la fête de la Saint Sylvestre se ressentait déjà. Cotonou a décidé de renvoyer le chef d’antenne de la DGDSE (services de renseignements nigériens) et le commissaire de police en poste à l’ambassade du Niger au Bénin, tous deux soupçonnés d’activités subversives, selon plusieurs sources. D’ailleurs, des sources proches du ministère des affaires étrangères met l’accent surtout sur le profil des agents nigériens. Ils sont de la sécurité, donc pas des civils. Ce n’est pas un argument qui va arrêter Niamey dans son élan. Il a décidé de réagir aussitôt. Le ministère nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur a déclaré, mercredi 1er janvier, Seidou Imourana, Premier conseiller à l’ambassade du Bénin, persona non grata. Le diplomate a reçu l’ordre de quitter le territoire nigérien sous 48 heures, selon un communiqué signé par le Secrétaire général du ministère. Pour justifier cette décision, la diplomatie nigérienne parle du « principe de réciprocité », sans clairement déterminer ce qui a bien pu être le motif réel de cette expulsion.
Pour le Bénin, cela ne pouvait pas s’en arrêter là !
Alors qu’on pensait que l’affaire allait s’en arrêter là, afin que les deux pays trouvent un terrain pour une entente, Cotonou choisit de répondre aussi. Et qui va porter le message au public et aux autorités du Niger ? Celui-là même que le ministère des affaires étrangères du Niger a expulsé. Imourana Seidou a signé un dans lequel il informe, au nom de l’ambassade du Bénin à Niamey, que la représentation béninoise va suspendre ses activités à compter du 5 janvier 2026. La note a servi l’information dans un langage diplomatique, avançant que cette décision est suscitée par « des circonstances indépendantes de sa volonté », sans autres précisions. La communauté béninoise sera donc informée « en temps opportun » d’une éventuelle reprise des activités.

Une crise qui n’en finit pas
Depuis le coup d’État qui a déposé Mohamed Bazoum en juillet 2023 et la réaction du Bénin, qui portait le message de la CEDEAO, les relations entre les deux pays frères se sont dégradées, marquées par des actes d’excès et des nombreuses tentatives de réconciliation qui échouent depuis lors. Conséquences : des frontières fermées depuis tout ce temps, l’économie des deux pays éprouvées, et des accusations insistantes de Niamey contre Cotonou. Le gouvernement de Tiani affirme urbi et orbi que Patrice Talon a validé l’installation au Bénin, de bases françaises dont le seul but est la déstabilisation de son pouvoir. Ce que, bien évidemment, la Marina a essayé de démentir sans jamais arriver à convaincre les militaires nigériens visiblement. D’ailleurs, l’affaire des cinq nigériens arrêtés et condamnés a Cotonou va révéler le niveau de dégradation très avancée des relations entre les deux pays frères.
Une atmosphère pourrie, exacerbée par les événements du 07 décembre dernier à Cotonou
Alors que le silence des salons diplomatiques et des négociations semble avoir pris le pas sur le bruit médiatique pour d’éventuelles solutions, la tentative de coup d’État du 07 décembre au Bénin vient réveiller de vieux démons. Le porte-parole du gouvernement béninois avait, dans l’une de ses sorties, prévenu que les pays de l’AES (dont le Niger), avaient recruté jusqu’au Bénin pour des actes de déstabilisation du pouvoir Talon. Si l’annonce avait arraché quelques sourires alors, les événements vers la fin de 2025 vont donner raison à Wilfried Léandre Houngbedji. Et la communication de la Marina va entériner implicitement, cette perception de la malheureuse entreprise contre le pouvoir Talon.
Avec cette crise ainsi relancée, tous les espoirs d’une pacification des relations entre les deux nations s’étiolent, en tout cas sous le régime finissant de Patrice Talon. Les prières désormais se tournent vers une possibilité de relance avec l’avènement d’un autre gouvernement, puisque le Bénin va connaître, comme à son habitude depuis 1990, une alternance en 2026, donc un changement de régime, et peut-être, de politique étrangère béninoise.
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