Depuis décembre, mois habituel où se ressent la fraicheur de l’harmattan au Bénin, les populations au sud du Bénin attendent toujours et ne ressentent pas encore cette fraicheur piquante sur la peau. Rien aussi au sujet de cette poussière qui provoque des maladies respiratoires et autres. De quoi inquiéter ceux qui sont bien habitués aux exigences du temps dans ses manifestations en cette période. Mais d’après Dr Hervé AFFOUDA, enseignant chercheur à l’université d’Abomey-Calavi et spécialiste de la climatologie appliquée, il faut déjà comprendre le phénomène de l’harmattan, pour saisir pourquoi ces variations.
L’harmattan, la résultante d’un triplé de vent et différent du brouillard

Pour le spécialiste, l’harmattan est le résultat d’un croisement de plusieurs vents à un moment précis de l’année. Il s’agit de la rencontre de trois vents, l’un venant du Sahara, plus sec et poussiéreux, l’autre venant de l’océan, plus mouillé et chargé et enfin, le troisième qui est une déferlante fraiche venant des zones polaires. La dominance d’un de ces vents au croisement détermine le ressenti chez les populations. Si au nord, l’harmattan sévit c’est parce que c’est le vent du Sahara qui domine là-bas, ce qui n’est certainement pas le cas au sud du Bénin. Ainsi clarifié, l’harmattan est totalement différent de ce qui a été observé hier à Cotonou avec ce brouillard matinal, a expliqué le spécialiste : « La présence du brouillard tôt le matin du mardi 13 Janvier 2025 dans les environs de Cotonou et communes environnantes est une forte condensation des gouttelettes d’eau en suspension, réduisant la visibilité à partir de cent à deux cents mètres et plus. Cette réduction de la visibilité est liée à la teneur en eau, de l’humidité de cet air. Hier, on était autour de 90% d’humidité, contre 72% pour ce matin du mercredi. Ce qui fait qu’on l’a senti plus légèrement »

Une activité agricole qui pourrait être perturbé
L’harmattan intervenant notamment en période de saison sèche, il permet aux récoltes de bien s’assécher. Moins ressenti, il peut à priori donner l’impression d’avoir des impacts directement sur le calendrier et l’activité agricole. Autrement, soutient Dr AFFOUDA, « l’absence de fraicheur, qui peut déboucher sur des précipitations inattendues, peut trahir le paysan qui croira au début de la saison pluvieuse, période de reprise d’activités agricole. C’est pour cela que le paysan doit faire très attention pour ne pas prendre ces rares pluies comme l’avènement de la saison pluvieuse.
Aussi, a expliqué l’enseignant – chercheur, avec cette chaleur et ce vent, on peut assister à un type de pollinisation qui pourrait favoriser la floraison de certaines plantes, donc favoriser aussi la culture de contre saison par endroit »Pour le moment, Cotonou, Abomey-Calavi et autres vivent cette période d’entre Décembre et Janvier ou février, avec de la chaleur. Légère par endroit, lourde et suffocante par ailleurs…Et les jours s’égrènent, au gré des caprices du temps devenu imprévisible.
Inf’au Zénith









