Malgré l’interdiction légale, les sachets plastiques non biodégradables dictent encore leur loi sur les marchés béninois. Entre porosité des frontières et résistance au changement de mentalité, le Dr Rosaire Attolou, Directeur départemental du cadre de vie du Littoral, et l’environnementaliste Pamphile Houndji font le point sur une lutte qui dispose désormais de ses moyens techniques, mais se heurte à l’éco-citoyenneté.
Huit ans après l’interdiction des sachets plastiques non biodégradables : le produit circule toujours.
Contrairement aux premières idées véhiculées dans l’opinion publique, ce n’est pas le prix des emballages de substitution qui bloque la transition. « Ce n’est pas un problème de coût, c’est un problème de mentalité », martèle le Dr Attolou. Selon lui, les habitudes ont la peau dure malgré la disponibilité des alternatives abordables. Si les sachets inondent encore les marchés, c’est avant tout par les couloirs informels de nos frontières, souvent difficiles à verrouiller totalement malgré les efforts des forces de police environnementale.

« Tout ce qui est « bio » n’est pas sain »
De son côté, l’ environnementaliste Pamphile Houndji lève le voile sur la confusion entre biodégradable, compostable et biosourcé. Il prévient que sans certification à la norme NF EN 13432, l’aspect physique d’un sachet est trompeur. Un sac dit « biodégradable » jeté dans la nature sans conditions de compostage industriel peut mettre des années à se décomposer, se transformant en microplastiques toxiques pour les sols et les océans.
La stratégie IPS afin d’atteindre son but de zéro sachet plastique non biodégradable
Le ministère du Cadre de vie mise que la stratégie Ips. Le I renvoie à Information/Communication. Des campagnes désormais traduites en langues nationales (Fon, Dendi, Yoruba) pour toucher toutes les couches. Le P recommande la Promotion des modèles. C’est-à-dire, valoriser les commerçants éco-citoyens qui abandonnent le plastique ainsi que les producteurs de sachets ou sacs biodégradable. Le S fair appel à la Sanction.


La phase répressive se poursuit, facilitée par l’acquisition récente d’équipements permettant de distinguer techniquement un sachet bio d’un sachet classique.L’État a désormais les moyens techniques et humains de traquer le plastique interdit. La réussite de cette lutte écologique repose désormais sur un sursaut patriotique des consommateurs : comprendre que le sachet non biodégradable tue, tout simplement.
Donatien Fernando SOWANOU









