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Festival Bolou : pour connecter la diaspora à la culture Idacha

La richesse culturelle du peuple Idacha est à l’honneur en ce début d’année. Reçu sur le plateau d’« Actu Matin » ce 03 février 2026, Loth Akpo, ingénieur agronome et fervent promoteur du patrimoine des 41 collines, dévoile les coulisses du festival Bolou.

Un héritage musicale identitaire séculaire

Le Bolou est un rythme identitaire propre au pays des 41 collines, englobant les communes de Dassa-Zoumè, Glazoué, et des parties de Savalou et Savè. Constatant que les ressortissants de cette région oubliaient parfois leurs racines en s’installant dans les zones méridionales du Bénin ou à l’étranger, Loth Akpo a initié ce festival pour rapprocher la culture de sa diaspora et redonner vie à des traditions séculaires. Le rythme Bolou se distingue par son caractère profondément populaire et inclusif. Contrairement à d’autres genres musicaux qui nécessitent une vedette sur scène, le Bolou appartient à tout le monde. L’invité explique que n’importe qui peut chanter et danser au son des percussions, lesquelles sont traditionnellement assurées par un ensemble de sept instrumentistes.

Le Bolou : un rythme pour le peuple

Le spectacle s’organise de manière circulaire : le batteur principal se place au centre, tandis que les danseurs gravitent autour de lui dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Historiquement lié à la période de Pâques, ce rythme célébrait la fin des récoltes et l’abondance, offrant aux populations l’occasion de revêtir leurs plus beaux atouts pour témoigner de la réussite de la saison agricole.

Au-delà de son aspect festif, le Bolou revêt une dimension rituelle et éducative. Loth Akpo précise que ce rythme accompagne traditionnellement les funérailles des personnes âgées pour les « raccompagner » dignement. Les chansons qui composent ce répertoire se divisent en trois catégories majeures. On y trouve d’abord les chants d’invite, qui exhortent la foule à délaisser les querelles pour rejoindre la piste de danse. Viennent ensuite les chansons de faits de société, véritables outils de régulation sociale, qui utilisent la satire pour dénoncer des comportements répréhensibles, comme les dettes impayées ou le manque de respect envers les aînés.

Enfin, les chants de clôture permettent d’exprimer des vœux de santé et de se donner rendez-vous pour les éditions futures. L’ambition de Loth Akpo ne s’arrête pas à la musique ; elle embrasse également l’art culinaire Idacha, qu’il s’efforce de restaurer.

Ces plats idaatcha méconnus du grand monde

Pour le promoteur, si l’igname pilée reste l’arbre qui cache la forêt, la gastronomie locale regorge de mets méconnus comme le « Chombo », un plat complexe à base d’igname sauvage et de haricot blanc, cuit dans des feuilles de bananier. Le festival met également en avant des variantes locales du « habla » ou de la friture de haricot, accompagnées du traditionnel « Chapalo », la bière de mil locale. Ces plats, souvent préparés avec des ingrédients simples comme la potasse, le piment et le gingembre, constituent le socle de l’énergie nécessaire aux danseurs de Bolou.

Un festival pour sauver les valeurs musicales et culinaires

Afin de pérenniser cette dynamique, le festival est désormais fixé au premier dimanche du mois de février de chaque année. Ce choix stratégique permet aux familles de fêter les retrouvailles après les dépenses de fin d’année, tout en restant dans l’esprit des vœux du nouvel an. En concluant son intervention, Loth Akpo a exprimé sa gratitude envers ceux qui soutiennent cette initiative dont l’objectif ultime est de révéler le rythme Bolou au monde entier, bien au-delà des frontières du pays des 41 collines. Grâce à cette plateforme médiatique, il espère que ce patrimoine immatériel trouvera l’écho nécessaire pour traverser les générations et les continents.

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