L’insuffisance rénale n’est plus une fatalité lointaine, mais une urgence de santé publique qui frappe de plein fouet la jeunesse béninoise. Reçu sur le plateau d’« Actu Matin » ce mardi 03 février 2026, le Dr Jacques Vigan, néphrologue, a tiré la sonnette d’alarme sur l’évolution inquiétante de cette pathologie qui impose désormais un changement radical de comportement.
Au sujet des premiers signes
Le spécialiste dans son développement a expliqué que lorsque la maladie s’installe, l’organisme s’encrasse rapidement; les pieds s’enflent, une fatigue intense apparaît et le taux de potassium peut grimper jusqu’à provoquer un arrêt cardiaque subit. Si le diagnostic est posé aux stades précoces, il est possible de ralentir la progression grâce à de nouvelles molécules, mais le constat sur le terrain reste alarmant car sept patients sur dix arrivent à l’hôpital au stade terminal, où seule la dialyse ou la transplantation peuvent maintenir la vie à des coûts financiers exorbitants.
La jeunesse menacée
Cette prévalence accrue chez les jeunes, parfois dès l’âge de 8 ans, s’explique par des facteurs génétiques spécifiques aux populations d’Afrique de l’Ouest, mais aussi par des comportements à risque de plus en plus fréquents. Le néphrologue pointe du doigt l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité, tout en mettant en garde contre la consommation de substances nocives comme le tabac, les drogues et surtout la chicha. Il insiste également sur le danger des infections urinaires mal traitées chez les garçons, où l’usage abusif d’antibiotiques sans recherche de la cause profonde masque souvent des anomalies urinaires graves qui conduisent inévitablement à une défaillance rénale à l’adolescence.
Prévenir à petit prix
Pour contrer ce drame, des gestes simples s’imposent au quotidien comme la réduction de la consommation de sel, d’huile et d’alcool, une hydratation régulière de deux litres d’eau par jour et une activité physique constante. Pour les sujets à risque, le Dr Jacques Vigan préconise un contrôle annuel systématique par bandelette urinaire, un examen coûtant moins de cinq cents francs capable de détecter l’albumine ou le sang bien avant les symptômes.
Enfin, une grande campagne de dépistage gratuit est annoncée pour le 14 mars 2026 à Ouidah, une occasion cruciale pour identifier les cas précoces et offrir une chance de guérison à ceux qui s’ignorent encore.









