À l’approche des grandes fêtes comme le carême ou la Tabaski, une dérive inquiétante s’installe dans la ville de Djougou. Des jeunes filles troquent volontairement leur virginité contre le pagne de circonstance, le « yayé ». Ce comportement traduit une banalisation alarmante des valeurs morales au profit du paraître social. La responsabilité des jeunes filles de la cité des Kpétonis est directement engagée. En acceptant ce marché illicite pour obtenir un textile, elles se rendent complices d’une tromperie morale. La virginité, autrefois symbole de dignité et d’honneur familial, est sacrifiée pour afficher un statut éphémère lors des cérémonies. Cette attitude entretient une hypocrisie sociale dévastatrice; elle privilégie l’intérêt matériel immédiat au détriment du respect mutuel et de l’engagement sincère.
Mariage fragilisé
Cette course fragilise les fondements mêmes de l’union matrimoniale. Le pagne perd sa valeur de symbole de fierté lorsqu’il devient la récompense d’un acte posé dans la précipitation et la dissimulation. À long terme, ces choix irréfléchis conduisent inévitablement ces jeunes femmes vers les regrets. La société finit par juger sévèrement ce qu’elle tolère aujourd’hui en silence, laissant les victimes de la facilité face à leur propre solitude morale.
Sursaut nécessaire
Il est temps d’interpeller les consciences au sein de la cité. La dignité de la femme ne se mesure ni à un pagne neuf, ni à une cérémonie tapageuse. Elle se construit dans la responsabilité, la retenue et le respect de soi. À Djougou, comme ailleurs, la jeunesse féminine doit comprendre que céder à la tentation matérielle aujourd’hui compromet la sérénité de demain. L’honneur d’une vie ne peut être bradé pour un simple morceau de tissu.
Alassane IBRAHIMA









