La commune de Bembèrèkè a été le théâtre d’un événement hors du commun qui alimente toutes les conversations depuis quelques jours. Une femme, disparue après un conflit familial, a été retrouvée vivante après plus d’une semaine passée au fond d’un marigot. Pour Soulemane Sina Douwirou, gardien de la tradition, il ne s’agit pas d’un miracle, mais de l’œuvre d’une divinité locale. L’incroyable scène se repêchage s’est déroulée sous les yeux de centaines de curieux et de fidèles ce jour-là. Les images, qui ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, montrent une femme sortie des profondeurs d’un cours d’eau par des fidèles de la divinité, accueillie qui scandaient des chants et poussaient des cris codés. Soulemane Sina Douwirou, conservateur de la forêt sacrée Wari de Bembèrèkè, confirme l’authenticité des faits : « Je tiens à vous rassurer que c’est une scène réelle. Ce qui a circulé sur les réseaux sociaux est une réalité ».
L’origine du mystère : une gifle de trop

Tout aurait commencé par une dispute domestique. Selon les explications du conservateur, la dame, mariée, subissait des tensions au sein de son foyer depuis près de deux ans. À trois reprises, le frère de son mari l’aurait giflée, la mettant au défi de réagir en invoquant son statut de fidèle d’un dieu. « Une nuit, elle s’est levée à l’insu de tous et s’est dirigée vers le marigot », raconte l’initié Douwirou. Sur les berges, ses proches ne retrouvent que ses vêtements et ses outils de travail, laissant craindre le pire.
Une traque spirituelle par-delà les frontières
Alertés, les conservateurs des forêts sacrées ont entamé une série de rituels et d’invocations. Selon les « recherches spirituelles » menées, la disparue n’était plus sur le territoire béninois. « Nous avons constaté qu’elle n’était plus au Bénin, elle s’était retrouvée dans un marigot au Nigeria », explique le conservateur. Il aura fallu plusieurs jours de prières et de déplacements à pied vers différentes sources sacrées (Boari, Pédarou, Kossou) pour « ramener » l’âme de la victime vers sa localité d’origine. C’est finalement après un message transmis en transe par une fidèle que l’endroit exact de sa réapparition a été déterminé.
La divinité « Sambi » : protection et régulation sociale
Interrogé sur l’entité derrière ce phénomène, Soulemane Sina Douwirou a levé le voile sur la divinité Sambi, propre aux peuples autochtones Batombou. Loin d’être une force maléfique, cette divinité agirait comme un régulateur social. « Ces divinités agissent comme un pilier de cohésion sociale, de régulation morale et de protection. Elles apportent la paix, la stabilité et la guérison », souligne-t-il. Dans ce cas précis, l’événement a forcé la famille à faire face à ses conflits internes. Le beau-frère, auteur des gifles, a exprimé ses regrets et la cohésion semble être revenue dans le foyer, bien que l’homme reste « psychologiquement atteint » par la tournure des événements.
Aujourd’hui, la rescapée est de retour parmi les siens.
Si elle suit actuellement une phase de « réanimation spirituelle » pour retrouver la pleine possession de ses sens, sa survie après tant de temps sous l’eau reste, pour le commun des mortels, un mystère insondable que seule la tradition semble pouvoir expliquer.









