Alors que les conflits domaniaux saturent les tribunaux, le gouvernement accélère la réalisation du cadastre national, notamment à Porto-Novo et Parakou. Reçu ce mercredi 4 mars 2026 dans l’émission « Actu Matin », Clément Dossou-Yovo, expert foncier et acteur de terrain, a décrypté les enjeux de cet outil révolutionnaire qui promet de mettre fin à l’opacité et de booster l’investissement.
Le terme « cadastre » peut paraître technique. Pourtant, sa définition est simple selon Clément Dossou-Yovo: « C’est un ensemble d’outils d’identification et d’enregistrement des terres. C’est une base de données unique où l’on doit retrouver toutes les parcelles du pays ». L’intérêt majeur ? La sécurité. Contrairement au système actuel où les informations sont éparpillées entre les mairies, les cabinets de géomètres et les titres fonciers une multiplicité de sources qui profite souvent à la mafia foncière le cadastre centralise tout. « Quand vous allez dans la base cadastrale, si c’est là, c’est que c’est bon. Vous achetez en toute sécurité », martèle l’expert.
Un levier de développement contre la « mort en location« .
Au-delà de la simple protection juridique, le cadastre est présenté comme un puissant moteur de développement. Clément Dossou-Yovo dresse un constat social poignant: « Des gens sont nés et sont morts en location, juste parce qu’ils n’étaient pas sûrs de la sécurisation des terres dans leur zone ». Pour lui, l’incertitude foncière est « antidéveloppement ». Un terrain sécurisé est un terrain sur lequel on ose investir, qu’il soit en milieu urbain ou rural. Le cadastre vient donc lever ce frein psychologique et financier qui paralyse de nombreux projets immobiliers.
Porto-Novo et Parakou: la phase de « publicité » bat son plein
L’opération ne se limite pas à de la théorie. Sur le terrain, à Porto-Novo et Parakou, les étapes s’enchaînent. Après la collecte des informations physiques et des droits de propriété, l’heure est à la « publicité foncière ». « Cette étape consiste à afficher les résultats provisoires pour que les populations viennent consulter et faire leurs observations dans un cahier dédié », explique l’invité. Porto-Novo tend vers la fin de cette phase, tandis que Parakou y est encore pleinement engagé. L’aboutissement final ? La délivrance du Certificat d’enregistrement au cadastre (Cec).
Le Cec : la nouvelle clé des transactions immobilières
C’est sans doute l’information capitale de cette intervention. Grâce au décret 2025-176, le certificat d’enregistrement au cadastre (Cec) acquiert une force juridique majeure. « Avant le certificat, plus personne ne peut vendre un bien immobilier sans titre foncier ou certificat d’appartenance, dont la procédure est complexe », souligne M. Dossou-Yovo. Désormais, le Cec simplifie tout. Il devient le document officiel permettant de formaliser légalement les transactions, évitant ainsi le recours à l’officieux, source de tous les litiges.
Malgré la gratuité et les avantages évidents, l’expert note une certaine réticence initiale, certains craignant une nouvelle pression fiscale. « Nous leur disons : non, le souci premier est votre sécurité et l’avenir de vos héritiers », rassure-t-il. Alors que l’opération tire à sa fin, Clément Dossou-Yovo lance un appel pressant aux retardataires pour qu’ils se fassent enregistrer avant que les prestataires ne quittent le terrain.









