Un voyage mémoriel a tourné au drame pour les populations de la localité de Kpandri, dans la commune de Copargo. De retour d’une cérémonie funéraire au Nord-Togo, un camion transportant des dizaines de ressortissants béninois a fait une sortie de route, laissant derrière lui un bilan humain particulièrement lourd.L’émotion est vive à Copargo. Ce dimanche 8 mars 2026, un accident de circulation d’une rare violence a frappé une famille et ses proches originaires de l’arrondissement de Singré.
Partis au Togo voisin, précisément à Somdinao, pour assister aux obsèques de leurs beaux-parents, ces voyageurs n’ont jamais regagné leurs foyers. C’est lors du trajet retour que le drame s’est produit. Interrogé sur les ondes de Canal 3 Bénin, le maire de Copargo, Idrissou Seibou, a fait le point sur les informations dont dispose la municipalité. Bien que les chiffres définitifs restent à confirmer, l’autorité évoque un bilan provisoire de 18 morts. « Les femmes seraient les plus nombreuses parmi les victimes », a-t-il précisé, soulignant qu’une cinquantaine de blessés sont également à déplorer.
Selon les premiers témoignages recueillis par l’édile, l’accident serait dû à une défaillance technique. « On m’aurait dit que c’est suite à un relâchement des freins que le véhicule est allé dans le décor », a rapporté le maire. Le moyen de transport utilisé, un camion dont l’état général est remis en question, soulève également des interrogations sur la sécurité de tels voyages transfrontaliers.
Au-delà de l’aspect technique, le drame prend une dimension mystique et sociale dans la localité de Kpandri. Des tensions ont éclaté au sein de la communauté suite à des rumeurs de signes prémonitoires ignorés lors des cérémonies au Togo. Un animal qui aurait « fortement beuglé » avant son sacrifice est cité par certains initiés comme un avertissement qui n’aurait pas été écouté. Face à cette effervescence, le commissaire de l’arrondissement de Singré a été mobilisé pour maintenir l’ordre et éviter tout débordement entre les familles.
Dans cette épreuve, le maire Idrissou Seibou a tenu à saluer la réactivité et la générosité des autorités togolaises. « L’État togolais a pris en charge à 100 % les frais d’hospitalisation de tous les blessés », a-t-il révélé. L’autorité communale se prépare à se rendre au Togo avec une délégation pour remercier ses homologues, visiter les blessés et procéder au décompte exact des corps à la morgue. En concertation avec le préfet, des dispositions sont en cours pour organiser le rapatriement des dépouilles et soutenir les familles éplorées.









