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Carburant illicite : Pourquoi le « Kpayo » devient une denrée rare et chère.

Le portefeuille des usagers de la route à Cotonou et ses environs subit une nouvelle épreuve. En l’espace de quelques jours, le prix de l’essence de contrebande a connu une hausse vertigineuse, franchissant la barre des 700 FCFA chez plusieurs revendeurs. Le constat est amer pour les conducteurs de la capitale économique et des localités environnantes. Il est désormais difficile de parcourir un rayon de 500 mètres sans constater l’envolée des prix sur les étals de fortune. Hier encore accessible entre 550 et 600 FCFA, le litre de l’essence de contrebande est passé à 700 FCFA chez les revendeurs. Une flambée brutale qui surprend les consommateurs, habitués à une relative stabilité ces derniers mois.

Un approvisionnement à contrecœur

Sur le terrain, la résignation se lit sur les visages. Pour les usagers, notamment ceux dont l’activité dépend de la mobilité, l’heure est au sacrifice. Lucien, employé par un opérateur économique, illustre parfaitement ce désarroi. Venu s’approvisionner, il confie subir cette situation malgré lui, faute d’alternative immédiate pour faire tourner ses engins. « Nous n’avons pas le choix. Il n’y a pas mieux ailleurs » confie-t-il.

La géopolitique comme justificatif

Si la hausse est générale, les explications, elles, varient selon l’interlocuteur, même si un argument semble faire l’unanimité. Le contexte international. Martin, un vendeur de la place, pointe directement du doigt les tensions géopolitiques actuelles. « Cette flambée des prix à la pompe artisanale trouve sa source dans le conflit qui sécoue actuellement le Moyen-Orient, impactant indirectement les réseaux d’approvisionnement informels. C’est ce qu’on nous a dit au Nigeria » dit-il.

Le mot d’ordre officiel ignoré

Cette situation intervient pourtant dans un contexte de fermeté gouvernementale. Les autorités béninoises ont en effet lancé une alerte interdisant toute hausse injustifiée des prix des produits de grande consommation sous le prétexte de la guerre en Iran. Cependant, sur le marché noir, le mot d’ordre semble rester lettre morte. Les opérateurs de l’essence de contrebande continuent de fixer leurs tarifs en dehors de toute régulation, laissant les populations de Cotonou seules face à la cherté de la vie.

Donatien Fernando SOWANOU

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