« Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne suis pas dans le secret des financiers pour savoir ce qui s’est passé. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a une crise économique. »
Ces mots sont ceux de Patrick AGBEGNINOU, ancien entraîneur de Dadjè FC, qui s’est exprimé lors d’un entretien accordé à ESAE TV. Une sortie qui traduit les nombreuses interrogations autour de la gestion et de la situation actuelle du club champion du Bénin 2024-2025.
Un budget pourtant en hausse
Dans son analyse, le technicien rappelle que le budget du club a connu une évolution ces dernières années. Selon lui, à l’époque où Vincent Rautureau était là, le budget tournait autour de 200 millions de francs CFA. Par la suite, il aurait atteint environ 320 millions de francs CFA avec l’arrivée de la direction. Malgré cette progression, Patrick avoue ne pas comprendre comment le club a pu se retrouver dans une situation financière aussi délicate.
La réalité économique du football
Pour l’ancien coach, la question budgétaire reste déterminante dans la stabilité d’un club. Entre charges de fonctionnement, salaires des joueurs et organisation sportive, l’équilibre financier est indispensable pour maintenir la compétitivité d’une équipe. Il rappelle également que le contexte économique général peut peser sur les clubs, surtout lorsque les ressources ne sont pas maîtrisées sur la durée.
L’inquiétude des supporters
Du côté des supporters de Dadjè FC, les inquiétudes sont également visibles. Lors d’une interview avec le journaliste Firmin DANNON, l’un d’eux a dénoncé une situation qui, selon lui, ternit l’image du football béninois. Le supporter estime que lorsqu’un club est contraint d’évoquer une réduction de salaires pour les joueurs, cela doit forcément susciter des interrogations sur la gestion des ressources disponibles.« Pour diriger un club, il faut un budget. Si à un moment donné on demande aux joueurs de réduire leur salaire de 50 % ou de 35 %, il faut se poser des questions sur la manière dont les ressources ont été gérées. » a-t-il confié.

Il rappelle aussi que plusieurs clubs du pays bénéficient aujourd’hui de subventions et d’appuis, ce qui devrait permettre une meilleure stabilité financière.« Les clubs reçoivent des subventions depuis quelques années. Si malgré cela on n’arrive pas à tenir un budget, je ne trouve pas de mots pour qualifier cette gestion. » a-t-il ajouté.
« Jouer à 8 ou 10 contre 11 ne peut pas durer »
Le féru du sport roi, rappelle d’abord une réalité du football : évoluer en infériorité numérique et s’en sortir reste une exception. Vu que l’équipe a tiré son épingle du jeu lors de la journée précédente. « Quand on parle de statistiques, il y a très peu d’équipes qui arrivent à jouer à dix contre onze et pouvoir s’en sortir. Peut-être que ça peut arriver une fois, mais ce ne sera pas un événement qui va se répéter souvent dans la saison », analyse-t-il.
Retrouver un nouveau souffle
Pour beaucoup d’observateurs, la priorité reste désormais de redresser la situation afin de préserver l’image et la compétitivité du club.Les supporters espèrent ainsi voir Dadjè FC tourner rapidement la page et retrouver la dynamique qui lui a permis de s’imposer comme l’une des équipes majeures du championnat béninois.
Firmin DANNON Journaliste sportif









