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Statut des DES : la Commission ad’hoc, dernier rempart avant la réforme globale.

Le bras de fer entre le Gouvernement et les médecins en spécialisation vient de connaître un dénouement majeur. Reçus en audience marathon par le Chef de l’État Patrice Talon le lundi 16 mars 2026, les membres du Collectif ont obtenu des avancées notables. Si la reprise des activités est actée, elle ne se fera pas à n’importe quel prix.

Le Président de la République a prêté une oreille attentive aux préoccupations et craintes des médecins en formation. Face à la menace d’un désert médical dans les centres hospitaliers, l’arbitrage du premier magistrat a permis de lever le mouvement de suspension. Le Chef de l’État n’est pas venu les mains vides et a formellement reconnu la légitimité de la démarche du Collectif en réceptionnant leur mémorandum. Pour sortir définitivement de l’ornière, une Commission ad’hoc est constituée dans l’immédiat avec pour mission de fusionner les propositions pour la rédaction d’un cadre légal protecteur et de nouvelles conventions hospitalières.

Sur le volet judiciaire concernant les trois confrères condamnés en première instance, la ligne de l’Exécutif reste droite concernant le respect de la séparation des pouvoirs, le Président ayant suggéré aux médecins de s’en remettre à l’effet dévolutif de l’appel déjà interjeté devant la Cour d’appel de Cotonou.

Mus par leur serment déontologique, les internes, externes et les autres reprennent le chemin des hôpitaux ce mercredi 18 mars 2026. Mais cette reprise est strictement subordonnée à une discipline de fer pour éviter toute nouvelle insécurité juridique. Désormais, la hiérarchie est rétablie avec une rigueur absolue où aucune prescription ou choix thérapeutique ne sera pris sans l’aval préalable d’un praticien senior.

De même, le passage au bloc opératoire est désormais placé sous haute surveillance puisque la supervision physique et continue d’un senior est obligatoire pour tout acte chirurgical. La traçabilité devient le maître-mot avec l’obligation de mentionner le nom du senior d’astreinte sur toute ordonnance, accompagnée de sa signature via la mention « p.o. ».

Enfin, la responsabilité sera clairement établie puisque seuls les noms des praticiens seniors ayant effectivement supervisé les actes devront figurer sur les comptes rendus officiels. Pour le comité dirigeant du Collectif, la mobilisation reste de mise car la sécurisation définitive de la profession est en marche, le regard restant désormais tourné vers la Commission ad’hoc qui doit livrer ses conclusions dans les plus brefs délais.

Donatien Fernando SOWANOU

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