Dans le projet de société « Plus loin, ensemble » présenté ce samedi 21 mars 2026, le volet consacré aux médias occupe une place stratégique au sein de la « Priorité 3 » dédiée à la cohésion nationale. Pour le duo Wadagni-Talata, l’enjeu de la période 2026-2033 est la transformation du paysage médiatique béninois un véritable pilier de l’État de droit, soutenu par une viabilité économique réelle et une protection accrue des acteurs du secteur.

L’une des annonces phares de ce programme est l’adoption imminente d’une loi sur l’accès public à l’information. Cette avancée législative vise à briser les barrières entre l’administration et les journalistes, facilitant ainsi un travail d’investigation basé sur des faits et des données vérifiables. Parallèlement, le projet insiste sur la consolidation de la gouvernance numérique, cherchant un point d’équilibre entre la sécurité nationale et la préservation des libertés fondamentales de presse sur le web.

Vers la fin de la précarité des entreprises de presse
Le candidat Wadagni semble avoir pris la mesure de la fragilité économique qui guette de nombreux organes de presse. Le projet propose des mécanismes d’incitation fiscale et des appuis structurels pour favoriser l’émergence de véritables entreprises de presse viables. L’idée est de passer d’une presse de « survie » à une industrie médiatique capable de générer des revenus, garantissant ainsi une plus grande indépendance vis-à-vis des puissances d’argent et des pressions politiques.

La technologie comme levier de modernisation
Fidèle à sa vision de « Nation Intelligente », Romuald Wadagni entend injecter une dose massive de technologie dans le secteur. Cela se traduit par un soutien à la digitalisation des rédactions et à la formation des journalistes aux nouveaux outils de production, notamment l’Intelligence Artificielle. L’objectif est de permettre aux médias béninois de rivaliser avec les standards internationaux en matière de qualité de contenu et de rapidité de diffusion.
La redevabilité au cœur du contrat social
Enfin, le programme lie intrinsèquement les médias au processus de redevabilité nationale. À travers les « dialogues itinérants de redevabilité », la presse est appelée à jouer son rôle de relais et de censeur entre l’État et les citoyens. En institutionnalisant ces rencontres annuelles, le projet Wadagni-Talata offre aux professionnels des médias un cadre formel pour confronter les promesses gouvernementales aux réalités du terrain, renforçant ainsi la fonction critique du journaliste dans la cité.
Donatien Fernando SOWANOU









