À quelques encablures du scrutin présidentiel d’avril 2026, la mouvance présidentielle affûte ses armes. L’architecture de l’équipe de campagne du candidat désigné, Romuald Wadagni, vient d’être rendue publique. Entre ténors politiques, technocrates et maillage territorial millimétré, cette liste révèle la stratégie du camp Talon pour assurer une succession sous le signe de la continuité et de l’efficacité.

Le premier constat qui se dégage de cette architecture est la présence d’un « Comité stratégique » composé du trio de fer à savoir Patrice Talon, Joseph Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané. La présence directe du Chef de l’État dans cet organe montre que rien ne sera laissé au hasard. Précisément, il avait affirmé qu’il battra campagne pour son successeur. Ce comité fait office de tour de contrôle, garantissant la cohésion des blocs de la mouvance derrière le duo Wadagni-Talata.
En plaçant Assan Seibou au poste de Directeur de campagne, le camp présidentiel mise sur l’expérience parlementaire et une fine connaissance des rouages politiques pour piloter la machine. Membre du Bloc républicain et président du groupe parlementaire au même nom, il est tout de même un personnage controversé pour nombre de citoyens pour avoir initié une loi de révision de la constitution jugé inopportun par plusieurs observateurs.
La force de cette équipe réside dans sa structuration par circonscriptions électorales (Ce). De la 1ère à la 24ème Ce, chaque zone est confiée à des binômes de choc, mêlant figures historiques et leaders d’opinion locaux. Que ce soit Bio Gnera Saka Kina dans l’Alibori, Jean-Michel Abimbola dans le Plateau, ou encore l’actuel deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Mahougnon Kakpo dans le Mono, l’objectif est clair: saturer le terrain. Ce quadrillage systématique des départements, du nord au sud, témoigne d’une volonté de ne laisser aucun espace de respiration à l’opposition dite constructive mené par le chef de peloton Paul Hounkpe de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe).
Au-delà des tumultes politique, l’architecture prévoit des pôles techniques spécialisés qui soulignent la professionnalisation de cette campagne. Le comité chargé des médias, piloté par des visages connus comme Zinath Glélé et Euloge Nanga puis Anick Djimadja, aura la lourde tâche de polir l’image du candidat et de porter son message. Parallèlement, les comités logistique et finances, dirigés par des cadres comme Orden Alladatin et William Tchekpé, assurent l’intendance de cette machine qui s’annonce financièrement et logistiquement redoutable.
Cependant, une telle pléthore de leaders au sein de la « Coordination nationale » où l’on retrouve des poids lourds comme Luc Atrokpo, Séidou Adambi ou Chantal Ahyi pose le défi de la gestion des ego. Si l’unité de façade est affichée, le succès de cette architecture dépendra de la capacité d’Assan Seibou à faire travailler ensemble ces différentes baronnies locales. En attendant le coup de sifflet officiel, cette équipe de campagne sonne comme une première démonstration de force. La mouvance est prête, organisée et déjà en ordre de bataille.









