Au-delà de la simple pause calendaire, les congés scolaires répondent à des impératifs biologiques et psychologiques profonds. Reçu sur le plateau de Canal 3 Bénin, le psychopédagogue Charlemagne Gbonkè a levé le voile sur les enjeux de ces moments de répit, souvent perçus à tort comme une simple interruption des cours.
Pour l’expert, le congé n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour garantir l’équilibre et la performance du système éducatif. L’utilité première des congés réside dans la satisfaction d’un besoin physiologique et psychologique tant pour l’apprenant que pour l’éducateur. Selon Charlemagne Gbonkè, ces périodes permettent de « se relancer » et de se renouveler face à la pression constante de l’année scolaire. Pour l’enfant, c’est un temps de détente indispensable qui favorise le « renouvellement ». Loin d’être une période d’oisiveté totale, les congés offrent à l’élève l’opportunité de recenser et de s’approprier les notions apprises, car la pression quotidienne des classes empêche parfois une assimilation sereine. L’expert souligne même que l’ennui, souvent redouté par les parents, est en réalité une phase de création essentielle où l’enfant se recharge et invente de nouvelles choses.
L’enseignant, bien que souvent oublié dans cette équation, est tout aussi concerné par ce besoin de ressourcement. Charlemagne Gbonkè rappelle que la charge professionnelle d’un enseignant, face à des dizaines d’élèves, génère une pression invisible mais réelle. Les congés représentent pour lui un moment de « renouvellement didactique ». C’est le temps de préparer la session à venir, de mettre à jour ses fiches et de s’informer sur les évolutions pédagogiques dans son domaine. Même si le travail continue à la maison avec les corrections et les préparations, le simple fait de s’éloigner de la présence physique des élèves permet de « baisser la pression » et de se retrouver avec soi-même.
Sur le plan de l’organisation, le calendrier scolaire n’est pas le fruit du hasard mais repose sur des principes d’ergonomie et de chronopédagogie. L’alternance idéale recommandée par les experts est de poser un moment de respiration après environ 7 à 8 semaines de cours. Au Bénin, comme dans l’espace Uemoa, ce rythme est désormais harmonisé avec une rentrée fixée à la mi-septembre. Le psychopédagogue explique que les trois premiers mois sont souvent les plus longs car les enfants sortent des grandes vacances avec une réserve d’énergie importante. Le deuxième trimestre, tout aussi dense, nécessite alors un « congé de détente » pour maintenir le cap jusqu’aux examens de fin d’année.
Enfin, l’expert invite les parents à jouer un rôle de régulateur durant cette période. Idéalement, un planning souple doit être établi en accord avec l’enfant pour éviter une rupture brutale avec les habitudes scolaires, sans pour autant lui imposer la rigueur du réveil à l’aube.









