L’annonce d’une retraite pour les producteurs agricoles, inscrite dans le projet de société du candidat Romuald Wadagni, fait grand bruit dans le monde rural. Eustache Bokossa Yaou, président de la section Borgou des acteurs de la filière poulets de chair a salué l’idée qui nécessite toutefois d’un accompagnement rigoureux de l’État pour passer du rêve à la réalité.
L’idée de voir le paysan béninois jouir d’une retraite paisible, au même titre que les fonctionnaires, est accueillie comme une « satisfaction » par les acteurs du monde agricole. Eustache Bokossa Yaou y voit une « noble idée » qui vient corriger une injustice historique. Selon lui, le producteur a longtemps été le parent pauvre des politiques de prévoyance sociale, contraint de compter uniquement sur la solidarité familiale pour ses vieux jours. « Entre-temps, la retraite était réservée aux fonctionnaires publics et le paysan n’était pas organisé pour en bénéficier », a-t-il rappelé, tout en précisant que cette mesure doit désormais devenir une « chose pratique » pour sécuriser l’avenir de ceux qui nourrissent la nation.
Cependant, le passage à un système de cotisation pour des populations vivant souvent au jour le jour représente un défi de taille. Eustache Bokossa Yaou estime que l’État doit jouer un rôle de facilitateur et de co-financeur pour encourager l’adhésion des paysans. « S’organiser pour la retraite n’est pas chose facile pour le monde paysan qui vit au quotidien. Il faut que l’État accompagne les cotisations, peut-être en mettant le double de ce que le producteur dépose », a-t-il suggéré.
Pour lui, l’utilisation des structures existantes comme la Cnss et la sensibilisation des jeunes agriculteurs, de plus en plus instruits, sont des leviers essentiels pour réussir cette transition vers une protection sociale universelle. Au-delà de la retraite, le président de la section Borgou a profité de l’antenne pour lancer un plaidoyer vibrant en faveur de la production locale de volaille. Il appelle le candidat Romuald Wadagni, en sa qualité d’argentier national, à accélérer l’application du décret interdisant l’importation des poulets congelés.
Eustache Bokossa Yaou est formel : la filière locale est prête à relever le défi des 100 000 tonnes de consommation annuelle. « Nous sommes capables de produire ces poulets. Cela permettrait de consommer des tonnes de maïs local et de créer des milliers d’emplois pour les jeunes », a-t-il martelé, voyant dans cette mesure le véritable moteur de la croissance pour le secteur avicole béninois.









