Le message est clair, net et sans ambiguïté : le football professionnel béninois entre dans une nouvelle ère de rigueur. À travers une circulaire datée du 13 avril 2026, le Comité Transitoire de Gestion de la Ligue de Football Professionnel du Bénin (CTG-LFPB) hausse le curseur de la discipline et entend mettre fin aux dérives constatées autour des terrains.
Pendant plusieurs mois, la Ligue a observé une multiplication de comportements perturbateurs : intrusions sur la main courante, désorganisation à la mi-temps, présence d’acteurs non autorisés à proximité immédiate de la pelouse. Des situations qui, au fil des journées, ont entaché la fluidité des rencontres et parfois mis à mal leur équité.
Cette fois, le ton change.
Main courante : accès strictement réglementé
Désormais, la main courante devient une zone hautement contrôlée. Seuls les profils clairement identifiés par les règlements y sont autorisés : officiels de match, arbitres, presse accréditée, protection civile, ramasseurs de balles, ainsi que les remplaçants et officiels inscrits sur la feuille.
La Ligue ne laisse aucune place à l’interprétation. Tout individu non habilité devra quitter les lieux sans délai. En cas de refus au-delà du quart d’heure réglementaire, l’arbitre est habilité à suspendre ou à ne pas lancer la rencontre.
Conséquence directe : le club concerné risque purement et simplement le forfait. Une mesure forte, qui traduit la volonté de restaurer l’autorité autour des matchs.
Mi-temps : fin des dérives sur la pelouse
Autre point sensible visé par la circulaire : l’utilisation anarchique de la pelouse pendant la pause. Ces dernières semaines, certaines scènes ont interpellé : exercices improvisés, tirs au but, animations non encadrées.
Le CTG-LFPB met fin à ces pratiques.
Les ramasseurs de balles sont désormais limités à leur rôle initial, sans exception. À la mi-temps, ils doivent rester en dehors de l’aire de jeu ou sous encadrement strict. Toute infraction sera consignée et pourra entraîner des sanctions contre le club hôte.
Une pelouse réservée aux acteurs du jeu
Dans la même dynamique, la Ligue rappelle un principe fondamental souvent négligé : la pelouse n’est pas un espace ouvert. À la pause, seuls les remplaçants sont autorisés à s’y échauffer.
Les titulaires doivent regagner les vestiaires, tandis que toute autre présence — officiels non inscrits, accompagnateurs ou tiers — est formellement interdite.
Un cadre clair, destiné à éviter les débordements et à préserver l’intégrité de l’aire de jeu.
Une volonté assumée de professionnalisation
Au-delà des sanctions, cette circulaire s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un championnat mieux organisé, plus crédible et conforme aux standards professionnels.
Le CTG-LFPB met également les commissaires de match face à leurs responsabilités. Toute forme de laxisme dans l’application des règles pourrait désormais être sanctionnée.
Le signal envoyé est fort : la discipline n’est plus une option, mais une exigence.
À l’heure où le football béninois ambitionne de franchir un cap, cette reprise en main apparaît comme un passage obligé. Reste désormais à voir comment clubs, officiels et acteurs du jeu s’adapteront à ce nouveau cadre.
Sur les pelouses béninoises, la récréation est bel et bien terminée.
✍️ Firmin DANNON Journaliste sportif









