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Prérogatives du président de la République: les clés du pouvoir exécutif

À travers une lecture croisée des articles 54 à 56 de la Constitution de 2019 et des articles 57 à 62-1-1 du nouveau texte voté en décembre 2025, se dessine une présidence renforcée, secondée par une vice-présidence et encadrée par de nouvelles exigences d’équilibre des pouvoirs. Cette structuration moderne consacre le rôle du président comme clé de voûte de la gouvernance politique, de la défense nationale et de la diplomatie du pays.

L’ancrage du pouvoir exécutif et de l’autorité gouvernementale repose sur le socle des prérogatives définies au lendemain de la réforme de 2019. Selon l’article 54, le président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif, chef du gouvernement, et détermine à ce titre la politique de la Nation tout en exerçant le pouvoir réglementaire.

Le texte constitutionnel consacre également sa présidence obligatoire du Conseil des ministres, organe où se décident les grandes orientations de l’État, les projets de lois et les décrets. L’article 56 lui confère un large pouvoir de nomination en Conseil des ministres, englobant les membres de la Cour suprême, les ambassadeurs, les magistrats et les hauts fonctionnaires de l’administration.

L’introduction de l’institution du vice-président de la République constitue l’un des tournants majeurs de cette évolution législative ciblée. L’article 55 précise que le colistier du chef de l’État, choisi en tandem pour stabiliser la vacance du pouvoir, n’exerce pas de fonctions managériales directes mais bénéficie de compétences déléguées.

Les textes révisés encadrent rigoureusement ce rôle pour éviter toute dualité au sommet de l’appareil d’État tout en garantissant une continuité fluide de la souveraineté nationale. Cette innovation permet de décharger le président de certaines représentations protocolaires sans pour autant fragmenter l’unité de commandement du gouvernement.

La mise en œuvre de la réforme constitutionnelle de décembre 2025 est venue affiner ce dispositif en restructurant les mécanismes de contrôle et les équilibres institutionnels. Les articles 57 à 62-1-1 du nouveau texte redéfinissent les rapports fonctionnels entre le chef de l’État, le Parlement et les hautes juridictions en matière de diplomatie et d’engagements internationaux. Les pouvoirs de ratification des traités et la gestion des situations d’exception y sont clarifiés pour assurer une collaboration plus étroite entre les institutions.

De plus, l’introduction de l’article 62-1-1 verrouille le calendrier républicain et les mécanismes de transition lors des années électorales pour prémunir le pays contre toute instabilité juridique. Au cœur de cette dynamique législative, la responsabilité de la défense nationale et de la sécurité publique demeure un attribut hautement présidentiel. Le chef de l’État conserve la haute main sur la force publique et assume l’entière responsabilité de la protection du territoire face aux menaces intérieures et extérieures.

La transition vers les dispositions combinées de 2019 et 2025 consacre ainsi un présidentialisme rationalisé, où l’efficacité administrative se conjugue avec des verrous constitutionnels stricts. Cette refonte globale permet au Bénin de moderniser la gestion de ses institutions tout en préservant les principes fondamentaux de l’État de droit.

Donatien Fernando SOWANOU

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