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Éducation : faut-il supprimer le Cep ? l’Inspectrice Claire Soglo démonte les critiques contre le premier diplôme scolaire

À l’heure où les écoliers béninois affrontent les épreuves du Certificat d’études primaires (Cep), session de juin 2026, le débat récurrent sur la pertinence et le coût de cet examen national refait surface. Claire Soglo, inspectrice retraitée des enseignements maternel et primaire, a pris la défense de cette évaluation certificative. Face aux courants d’opinion qui réclament la suppression pure et simple de l’examen au profit d’évaluations internes dans les établissements, elle s’est montrée catégorique.

D’entrée de jeu, l’inspectrice a balayé les critiques minimalistes fusant sur la dévalorisation du précieux sésame, de moins en moins mentionné dans les dossiers de candidature à des emplois. Pour Claire Soglo, cette comparaison avec le passé « manque un peu de sagesse ». « Trop s’accrocher au rétroviseur peut créer des ennuis », a-t-elle prévenu, rappelant que le Cep n’a jamais été conçu comme une certification professionnelle. Sa fonction première est de certifier la maîtrise des apprentissages fondamentaux après six années d’efforts continus de l’enfant.

Au cours de ce cycle, l’école primaire assure le développement de compétences clés à travers six grands champs de formation, notamment le français, les mathématiques, l’éducation sociale, l’éducation artistique, ainsi que l’éducation scientifique et technologique. S’appuyant sur les théories de la psychologie du XXe siècle stipulant que « tout se joue avant l’âge de 6 ans », elle a souligné que c’est à ce niveau que se structurent 50 % des connexions intellectuelles de l’apprenant. L’examen du Cep vient ainsi valider l’acquisition de compétences indispensables comme la lecture, l’écriture et l’expression orale en langue officielle, permettant à l’élève d’effectuer un pont solide vers le secondaire.

Abordant la question des charges financières colossales englouties par l’État dans l’organisation de ces compositions nationales, Claire Soglo a opposé une formule percutante aux partisans de l’économie budgétaire : « Le coût d’un examen est visible mais si on fait l’expérience de son absence, on saura que le coût de l’absence de l’évaluation est beaucoup plus élevé ». Pour elle, refuser d’investir dans l’évaluation revient à faire l’expérience de l’ignorance, dont le coût sociétal est incalculable. L’inspectrice a martelé qu’une simple évaluation sommative au sein des classes ne saurait remplacer un examen d’envergure nationale.

Supprimer ce jalon institutionnel provoquerait inéluctablement une baisse de motivation chez les enseignants et les élèves, entraînant une chute drastique de la qualité des apprentissages et une hausse de l’échec scolaire. Elle en veut pour preuve la mobilisation émotionnelle et physique des vagues de parents d’élèves qui massent les portails des centres dès l’aube, témoignant de l’importance capitale que revêt ce premier diplôme dans l’imaginaire social béninois.

Face aux récriminations des professeurs du secondaire qui déplorent une baisse constante du niveau des nouveaux collégiens malgré des taux de réussite au Cep franchissant régulièrement la barre des 90 %, l’invitée a recadré le débat. Loin d’être une simple formalité ou une complaisance administrative, ces scores flatteurs sont, selon elle, le fruit mûr d’un dispositif d’encadrement en marche. Elle a notamment cité le déploiement régulier de commissions pédagogiques de suivi dans les écoles, l’accès généralisé aux cantines scolaires car « le ventre creux ne peut pas réfléchir » et l’accent mis sur l’apprentissage précoce de la lecture.

L’inspectrice attribue le fossé observé à l’entrée en classe de 6e à un déficit de préparation à la rupture méthodologique entre le primaire et le secondaire. Elle invite ses collègues en activité à mettre à profit les semaines post-examens pour initier les écoliers aux réalités et exigences du collège. Interrogée sur une prétendue pression des Partenaires techniques et financiers (Ptf) pour imposer des quotas de réussite, Claire Soglo a opposé un démenti formel, affirmant n’avoir jamais vu une telle pratique en 32 ans de carrière administrative. Elle a en revanche salué les mesures dissuasives de l’État envers les directeurs indélicats enregistrant un taux de 0 %, des sanctions qui ont radicalement assaini le pilotage des écoles.

Claire Soglo a exprimé sa totale adhésion à la récente introduction de l’« engagement civique » dans les programmes scolaires par le gouvernement. Si l’éducation civique et patriotique traditionnelle transmettait des connaissances théoriques, l’ajout de la notion d’engagement appelle désormais les jeunes générations à l’action concrète.

Pour l’Inspectrice, c’est en vivant la citoyenneté au quotidien, à travers des projets d’école et l’observation de modèles de responsabilité, que le Bénin parviendra à former des citoyens conscients, respectueux de l’espace public et profondément ancrés dans les valeurs de la République.

Donatien Fernando SOWANOU

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