L’annonce de l’exonération totale des contributions scolaires pour les filles du second cycle général continue de susciter des vagues d’approbation au sein de la communauté éducative. En marge du lancement des examens nationaux, Mathias Ahonmadegbe, Directeur départemental de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle de l’Atlantique, s’est confié à notre rédaction. À travers une analyse chiffrée, l’autorité éducative met en lumière la corrélation directe entre les politiques de gratuité et le net progrès du taux de scolarisation des filles dans sa juridiction.
Les statistiques officielles de la session de juin 2026 de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) dans le département de l’Atlantique affichent une tendance remarquable. Sur un effectif global de candidats, le département enregistre précisément seize mille huit cent deux(16 802) filles contre seize mille deux cent vingt-neuf(16 229) garçons. Cette prédominance des effectifs féminins se reflète également à l’échelle locale, notamment au Collège d’enseignement général de Zinvié: « Vous constatez que le nombre de filles dépasse le nombre de garçons. Vous savez déjà pourquoi, non ? Et au niveau du centre du Ceg Zinvié ici, nous avons 513 candidates contre 501 candidats » ajoute-t-il.
Du pilotage communal à la généralisation nationale du second cycle
Pour le Directeur départemental, cette supériorité numérique des filles aux portes du second cycle n’est pas un fait du hasard, mais le résultat concret des politiques publiques d’incitation. Mathias Ahonmadegbe rappelle que cette inversion des courbes, constatée de manière régulière depuis trois ans au Bepc. « Ça a déjà fait au moins dix ans où les élèves filles du premier cycle ne paient plus. L’année dernière, on a identifié quelques collèges pilotes pour expérimenter la gratuité des apprenantes du second cycle. Dans mon département, il y a par exemple la commune de Sô-Ava où les élèves du second cycle, les élèves filles, du second cycle ne paient pas la contribution » a explique le directeur départemental.
Cap sur le baccalauréat: les projections à l’horizon de deux à trois ans
Si le premier cycle affiche un bilan satisfaisant en termes de parité et d’accès, le second cycle présentait jusqu’à présent un visage différent. Mathias Ahonmadegbe fait observer qu’à l’heure actuelle, le nombre de garçons demeure supérieur à celui des filles dans les classes de terminale et, par extension, sur les listes des candidats au baccalauréat. Cependant, l’optimisme reste de mise quant aux effets à moyen terme de cette réforme. Le Directeur départemental projette avec assurance que l’application rigoureuse de cette nouvelle mesure d’exonération permettra de corriger ce déséquilibre d’ici deux à trois ans.
Le maintien des filles dans le système éducatif après le BEPC devrait induire une progression significative de leur effectif au baccalauréat, ouvrant ainsi la voie à un dépassement progressif des effectifs masculins aux examens du second cycle dans les années à venir.
Donatien Fernando SOWANOU









