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Elections générales de 2025 : Fin de la campagne électorale vendredi

Alors que les esprits étaient pour la plupart aux vodouns days, les partis politiques et les candidats bouclaient deux semaines de campagne pour les élections de ce dimanche. Ce n’était pas forcément la grande affluence et l’engouement qu’on connaissait à cette période par le passé. Ceci, pour plusieurs raisons.

Une attention émiettée entre plusieurs évènements majeurs.

En cette fin d’année 2025 et début 2025, les Béninois sont témoins de plusieurs évènements qui se disputent leur attention : Les fêtes de fin d’année, les vodouns days et tout l’emballement médiatique que cela suscite, et une campagne électorale pour des élections générales, une première dans l’histoire du pays. Cette succession d’évènement a tôt fait d’absorber toute l’attention de ces populations qui semblent plutôt éprouvées. Ce qui d’ailleurs peut être une première raison de leur désintérêt pour la campagne électoral. Mais la raison fondamentale qui a entrainé une campagne électorale fade semble bien plus le procédé et l’attitude des candidats et partis politiques. Sur le procédé, les acteurs politiques ont été emmenés à faire leurs propositions plus par médias interposés que par contact physique. Le cadre tracé par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) n’a pas laissé de marge de manœuvre de grands débats ouverts. Aussi, les candidats ont-ils choisi de passer par les médias et réseaux sociaux, moins exigeants en termes financiers, pour battre campagne, dans un contexte où les populations ont toujours préféré le contact physique qui leur apportait quelques pécules.

Un contexte politico-sécuritaire d’interrogation

Il y a un an, par cette période, le Bénin avait essuyé une violente attaque terroriste, avec une lourde perte dans les rangs de ses forces armées. Cela a installé une certaine fébrilité au sein des populations et le souvenir n’a pas vraiment arrangé les choses, surtout qu’il y a quelques semaines, le pays a échappé à un renversement militaire du régime en place, comme dans un message d’avertissement. Ces deux évènements n’ont pas certainement rassuré les populations et peut-être aussi les partis politiques qui ont évité apparemment, les grands rassemblements. Cette fébrilité peut être aussi étendue aux forces de sécurité dans une certaine mesure, notamment avec les évènements de Parakou, qui ont abouti à des mesures strictes vis-à-vis d’un officier, en l’occurrence le directeur départemental de la police républicaine. On peut d’ailleurs bien comprendre cette fébrilité quand on sait que, indépendamment des deux tristes évènements cités plus haut, c’était un gros défis, pour les hommes en uniforme de coordonner la sécurité autour d’autant d’initiatives délicates, qui mobilise du monde. Mais à l’arrivée, et au terme des deux semaines de campagnes, pas d’incidents majeurs. Les forces de défense et de sécurité ont pu, avec professionnalisme et efficacité, encadrer les nombreux rendez-vous accumulés, signe de la grande maturité professionnelle de ceux qui veille sur la sécurité et la tranquillité des populations.

Une nouvelle réalité politico-partisane difficile

Les nouvelles règles votées à travers le code électoral (décrié par de nombreux acteurs aussi bien politique que de la société civile) et la constitution nouvellement révisée ont réduit drastiquement le nombre de partis, donc de candidats possible à ces consultations électorales. Ce qui signifie bien évidemment, moins de monde pour solliciter le suffrage des électeurs, donc moins de concurrence, de propositions et autres. Cela a dû enlever un peu à la joie traditionnelle pendant la campagne électorale. Autre élément qui a bien pu provoquer cette sorte d’indifférence, c’est le sentiment chez beaucoup d’électeurs, que l’opposition n’est pas représentée pendant cette compétition. Sur trois (03) élections prévues, le principal parti de l’opposition ne sera pas présent à deux, qui sont importantes puisqu’elles sont le cœur même du pouvoir de décision et de gestion. Il s’agit notamment de la présidentielle et des communales, municipales et locales. Avec cette configuration, les populations ont l’impression d’être limitées dans leurs possibilités de choix. Quoi qu’il en soit, la campagne électorale est terminée et place ce dimanche, au scrutin, une première de ce type, dans l’histoire politique du Bénin.

Inf’au Zénith.

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