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Ghana : les revenus pétroliers bondissent de 52 %, mais le doute persiste

Le Ghana a engrangé 561,4 millions de dollars de recettes pétrolières au premier semestre 2026, contre 370,3 millions un an plus tôt. Une progression spectaculaire, portée par la hausse des cours du brut et l’augmentation de la production. Mais derrière ces résultats, la transparence dans l’utilisation des revenus et l’avenir du secteur restent des enjeux majeurs.

Le pétrole rapporte davantage au Ghana. Selon le rapport semestriel publié le 21 octobre 2026 par le Comité de l’intérêt public et de la responsabilité (PIAC), les recettes pétrolières ont augmenté de 51,6 % entre janvier et juin. Cette embellie intervient dans un contexte favorable aux producteurs, mais elle ne garantit pas des revenus aussi élevés dans les prochains mois. La dépendance aux cours internationaux demeure un facteur de fragilité.

Des cours élevés et une production en hausse

Deux facteurs expliquent principalement cette progression : l’amélioration des prix du brut et la hausse de 37 % des recettes provenant de l’impôt sur les sociétés. Le prix moyen réalisé par le Ghana a atteint environ 92,81 dollars le baril, au-dessus du prix de référence budgétaire de 76,22 dollars.

La production a également progressé de 11,73 %, passant de 18,42 millions de barils au premier semestre 2025 à 20,58 millions durant la même période en 2026. Les champs de Jubilee et de Sankofa Gye Nyame (SGN) ont notamment contribué à cette performance. Cette reprise est encourageante, mais elle ne règle pas les difficultés structurelles d’un secteur confronté au vieillissement de certains gisements et au besoin de nouveaux investissements.

La transparence au cœur des préoccupations

Au-delà des recettes, le PIAC s’inquiète de l’insuffisance des informations disponibles pour évaluer l’utilisation de certains fonds pétroliers affectés au budget national, notamment l’Annual Budget Funding Amount (ABFA). Son président, Richard Ellimah, estime que les données attendues sont nécessaires pour apprécier les dépenses publiques et renforcer le contrôle citoyen.

Le ministère des Finances conteste toutefois toute rétention d’informations. Dans un communiqué du 23 octobre, il affirme avoir transmis les données relatives aux recettes et à leur répartition. Il précise que les ressources de l’ABFA mobilisées en 2026 sont réservées à l’autoroute Accra-Kumasi, dans le cadre du programme « Big Push », et seront utilisées après l’attribution du marché. Ce désaccord souligne un enjeu essentiel : rendre les informations publiques suffisamment précises pour que les citoyens puissent suivre l’affectation effective de l’argent du pétrole.

Le gaz, un autre levier de croissance

Le Ghana mise également sur une meilleure valorisation de ses ressources gazières. Le projet de deuxième usine de traitement du gaz, baptisé GPP II, doit accroître les capacités de traitement, limiter les pertes de ressources et soutenir l’approvisionnement énergétique. Sa réalisation reste toutefois un défi industriel et financier.

En décembre 2025, le Parlement a par ailleurs adopté une modification de la loi sur la gestion des revenus pétroliers, élargissant les possibilités de placement des fonds. Cette réforme peut améliorer les rendements, mais elle renforce aussi la nécessité d’un encadrement rigoureux.

Le véritable défi du Ghana n’est donc pas seulement de gagner davantage grâce au pétrole, mais de transformer ces recettes fluctuantes en investissements durables, contrôlables et utiles à la population.

Firmin DANNON

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