Le général Assimi Goïta veut consolider les liens entre les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). En déplacement simultané à Niamey et à Ouagadougou, le jeudi 5 novembre 2026, le président de la transition malienne a échangé avec ses homologues nigérien et burkinabè sur l’avenir de la confédération, ses partenariats stratégiques et les défis sécuritaires. Une tournée diplomatique qui intervient dans un contexte régional marqué par de nombreux enjeux.
Accueil militaire, hymnes nationaux et manifestations de sympathie populaire : les deux étapes du déplacement ont été marquées par un cérémonial officiel. Mais derrière ces marques de fraternité, les discussions ont surtout porté sur les orientations politiques et diplomatiques de l’AES. Aucun communiqué officiel n’avait toutefois été publié à l’issue des rencontres, jeudi soir. Les informations disponibles proviennent essentiellement de sources proches des délégations.
Moscou au cœur des échanges
L’étape malienne à Moscou, fin octobre, lors du Sommet Russie-Afrique, aurait largement alimenté les discussions. Selon des sources proches des rencontres, Assimi Goïta a partagé avec ses homologues les informations recueillies auprès des autorités russes. Il leur aurait également transmis un message personnel du président Vladimir Poutine.
Un signal qui confirme la place centrale accordée à Moscou dans les relations extérieures des trois régimes, particulièrement dans les domaines de la sécurité et de la défense. Pour les pays de l’AES, confrontés à la persistance de la menace terroriste, le partenariat russe demeure un levier stratégique. Reste à savoir comment cette coopération se traduira concrètement sur le terrain.
L’unité de l’AES à l’épreuve des rapprochements
La coopération entre les trois États a également occupé une place importante dans les discussions. Malgré certaines difficultés de coordination, les délégations auraient relevé des avancées dans le processus d’intégration régionale.
À Ouagadougou, le capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération, aurait présenté de nouvelles initiatives destinées à renforcer les liens entre les pays membres.
À Niamey, le général Abdourahamane Tiani aurait, pour sa part, rassuré son interlocuteur sur le rapprochement diplomatique entre le Niger et l’Algérie. Selon les mêmes sources, cette ouverture ne remettrait pas en cause l’appartenance du Niger à l’AES.
Au-delà des visites de courtoisie, cette tournée traduit une volonté de maintenir la cohésion d’une alliance confrontée à des défis sécuritaires et diplomatiques majeurs. Mais entre déclarations de solidarité et ambitions d’intégration, c’est désormais la capacité des trois États à transformer leurs engagements en actions communes qui sera déterminante.
Firmin DANNON









