Alors que les établissements privés affichent des taux de réussite records, la question de leur méthodologie interpelle. Entre anticipation des programmes et management participatif, Léandre Doussoh, acteur majeur du secteur et président de l’association Cefa, décrypte les rouages d’un modèle où l’excellence est devenue une science exacte. Il était l’invité d’Actu matin sur Canal 3 Bénin ce mardi 27 janvier 2026.
Dans un marché de l’éducation de plus en plus saturé, l’excellence n’est plus un prestige, mais une nécessité de survie. Pour Léandre Doussoh, président de l’association Cefa, le moteur de cette réussite est avant tout la saine émulation entre challengers. « Le privé, c’est la concurrence. C’est ce que vous avez de plus que votre voisin qui vous donne de la valeur auprès des parents », explique-t-il. Cette pression positive pousse les établissements à innover sans cesse, tout en restant strictement dans le cadre des programmes nationaux.
L’un des points de rupture avec le modèle classique réside dans la gestion du calendrier scolaire. L’invité d’Actu matin lève le voile sur une pratique courante mais souvent mal comprise : l’anticipation. Plutôt que de subir le calendrier, les écoles privées accélèrent le rythme dès le premier trimestre. L’objectif ? Boucler les leçons théoriques le plus tôt possible pour consacrer une part massive de l’année aux séances d’intégration et à la résolution de problèmes. « Il faut donner l’information à temps pour que l’apprenant s’entraîne davantage », martèle M. Doussoh, justifiant ainsi des cahiers qui se remplissent plus vite qu’ailleurs.
L’excellence repose également sur une gestion humaine atypique. Léandre Doussoh prône un modèle où la hiérarchie devient circulaire. Dans son établissement, les enseignants évaluent l’administration. Cette approche permet de s’assurer que ceux qui sont au front (les professeurs) disposent des meilleures conditions pour exercer leur « sacerdoce ».
Cette rigueur s’étend également à la sphère privée. L’excellence est ici un contrat tripartite: l’école fournit la méthode et le cadre; l’enseignant apporte l’engagement et la passion puis le parent assure le suivi psychologique et matériel, incluant la gestion rigoureuse des outils numériques et des répétiteurs à domicile si nécessaire.
Interrogé sur l’usage des smartphones, Léandre Doussoh reste pragmatique. Si le numérique est une opportunité, il refuse qu’il devienne une distraction en classe. Le modèle défendu reste celui d’une technologie « sous contrôle », où l’enseignant garde la main sur l’outil pour illustrer ses cours, sans laisser l’élève face à l’immensité non filtrée du web.
En somme, l’excellence dans le privé, telle que portée par des figures comme Léandre Doussoh, n’est pas qu’une question de notes ; c’est une organisation millimétrée où chaque acteur est tenu pour responsable du résultat final.
Donatien Fernando SOWANOU









