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Météo au Sud-Bénin : Quand le ciel défie les calendriers traditionnels

Inondations surprises, brouillard épais et chaleur humide : le début d’année 2026 bouscule tous les repères saisonniers au Sud-Bénin. Face à ce dérèglement atmosphérique, Diane Laourou experte à Météo Bénin, invitée de Thanguy Agoi sur Actu matin du lundi 26 janvier 2926, décrypte les mécanismes d’un climat qui ne répond plus aux normes habituelles.

L’heure n’est plus aux prévisions ordinaires. Alors que la moyenne habituelle pour un mois de janvier stagne autour de 20 mm de pluie, le compteur a déjà explosé cette année avec près de 100 mm enregistrés à Cotonou et ses environs. Selon l’ingénieure Diane Laourou, l’explication réside dans le réchauffement anormal de l’océan Atlantique. Ce dernier libère une masse de vapeur d’eau qui, dès que l’harmattan faiblit, provoque des orages violents sur le continent. « L’océan est un carburateur qui redistribue l’énergie du réchauffement climatique sous forme de phénomènes extrêmes », prévient-elle.

Pour le monde paysan, ces précipitations sont un véritable cadeau empoisonné. L’experte de Météo Bénin met en garde contre deux dangers majeurs. En premier, le mirage de l’humidité c’est à dire semer maintenant expose les semences à brûler dès le retour du soleil. Il y a ensuite la menace sur les stocks. L’humidité ambiante empêche le séchage des produits à l’air libre, favorisant les moisissures et la perte des récoltes actuelles. Enfin le brouillard matinal qui constitue un risque accru pour les usagers. En l’absence de vents de mousson pour chasser cette humidité en altitude, elle reste bloquée au sol. La visibilité devient quasi nulle sur les axes routiers entre 4h et 9h du matin, transformant les déplacements en exercices de haute sécurité pour les conducteurs.

Au-delà de l’épisode actuel, ces orages de janvier servent d’avertissement sur l’intensité de la prochaine grande saison des pluies. Météo Bénin appelle désormais les usagers et les agriculteurs à ne plus se fier à l’observation visuelle du ciel, mais à suivre rigoureusement les bulletins agrométéorologiques décadaires.

Donatien Fernando SOWANOU

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