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Wi-fi zone au Bénin : la marche vers la légalité et la professionnalisation

Face aux nouvelles exigences réglementaires de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la ooste (Arcep), les promoteurs de « Wi-fi zone » s’organisent. Invité sur le plateau de l’émission « Actu Matin » ce 02 février 2026, Polycarpe Kakpo, membre du Collectif National des Promoteurs de Wi-fi Zone, a levé le voile sur les enjeux de cette mutation numérique.

Pour un accès « démocratisé » à l’internet

Selon l’invité, le Wi-fi zone représente la version numérique évoluée des anciens cybercafés. Si l’usage a changé, le service reste le même : offrir un accès internet de proximité, mais cette fois directement sur les téléphones mobiles des usagers dans un périmètre restreint, évitant ainsi l’encombrement des parcs informatiques physiques. Cette activité, essentielle pour l’inclusion numérique, propose des tarifs particulièrement adaptés aux bourses les plus modestes. Polycarpe Kakpo souligne que pour seulement cent francs, un étudiant ou un citoyen peut accéder à une connexion de qualité pendant une à deux heures afin d’effectuer des recherches.

wifi zone : son atout qui fait aussi sa faiblesse

C’est cette accessibilité qui fait la force du secteur, mais sa prolifération anarchique a fini par attirer l’attention du régulateur. L’invité affirme d’ailleurs que la décision de l’Arcep est une opportunité de « conscientiser les promoteurs » et de mettre fin à une installation sauvage qui ne profitait ni à l’État, ni à la sécurité des réseaux. Pour se conformer aux nouvelles exigences, les acteurs ont principalement deux options, dont la plus simple reste le statut de cybercafé, bien que certains puissent aspirer à devenir de véritables fournisseurs d’accès. Afin de ne pas laisser les promoteurs isolés face à ces contraintes administratives, le Collectif national a vu le jour. Passant rapidement d’une soixantaine de membres à plus d’un millier, cette organisation s’est donné pour mission de former et d’accompagner techniquement ses pairs.

De l’action pour la sensibilisation des acteurs

Des sessions d’information ont déjà été organisées, notamment à Ouidah, pour faciliter l’inscription des exploitants sur la plateforme de l’Arcep, un processus parfois complexe pour ceux qui vivent dans les zones reculées. Cependant, le défi reste de taille puisque le délai de mise en conformité est officiellement arrivé à terme. Polycarpe Kakpo a profité de son passage médiatique pour plaider la cause des retardataires, demandant la clémence des autorités et une prolongation de l’échéance. Il soutient que le collectif travaille dans l’ombre pour identifier chaque acteur, car l’objectif final est aussi sécuritaire. En période de lutte intense contre la cybercriminalité, disposer d’un répertoire clair des promoteurs permet de mieux surveiller l’usage du réseau et de prévenir les activités illicites.

Le message porté par Polycarpe Kakpo est celui d’une main tendue vers le gouvernement. Il insiste sur le fait que les promoteurs ne sont pas dans une logique d’affrontement, mais souhaitent contribuer au développement du pays en offrant un internet à bas prix tout en respectant les lois de la République.

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