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Inondations à cotonou: la Sirat défend l’efficacité de ses ouvrages face aux pluies exceptionnelles

Après les fortes précipitations qui ont submergé plusieurs artères de la capitale économique béninoise dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 avril 2026, la Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (Sirat) sort de sa réserve. Entre retrait rapide des eaux et choix techniques de dimensionnement, la structure apporte des clarifications sur le fonctionnement du réseau d’assainissement urbain.

Les images de rues submergées à Cotonou, largement relayées sur les réseaux sociaux après les pluies de ce mercredi, ont suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. Face à l’inquiétude des usagers, la Sirat, par la voix de ses responsables, a tenu à rassurer sur la viabilité des infrastructures réalisées. Selon les explications fournies, les scènes de stagnation observées ne traduiraient pas une défaillance du système, mais feraient partie intégrante des prévisions techniques lors d’épisodes pluvieux de forte intensité.

L’argument principal avancé par la Sirat repose sur la vitesse d’évacuation des eaux. « Deux heures de temps après, l’eau s’est retirée entièrement. Cela veut dire que les ouvrages qui ont été réalisés fonctionnent », soutient François Agomadjè, Directeur du pôle aménagement urbain et assainissement. Cette dynamique de retrait, quasi instantanée à proximité des exutoires et plus lente dans les zones périphériques, confirmerait que les collecteurs remplissent leur office conformément aux calculs de conception. Pour l’autorité technique, la persistance de l’eau pendant une courte durée est une variable acceptée dans la gestion des crues urbaines.

Au-delà de la performance immédiate, la Sirat soulève une question de réalisme économique et technique liée au dimensionnement des ouvrages. Elle explique que pour éviter toute stagnation, même durant quelques heures, il aurait fallu construire des infrastructures d’assainissement « hors normes », dont le coût serait prohibitif. La stratégie actuelle repose donc sur un compromis entre l’investissement financier et un niveau de submersion jugé acceptable. L’objectif demeure de limiter les dégâts matériels et de garantir un retour à la normale dans les délais les plus brefs après la fin de l’averse.

Face au caractère imprévisible et parfois exceptionnel des précipitations, la Sirat rappelle que l’ingénierie humaine doit composer avec les forces de la nature. Tout en assurant une veille constante sur les zones encore en chantier, la société invite les populations à une lecture objective de la situation.

Dans un contexte de changement climatique où les quantités de pluie deviennent difficiles à anticiper, l’efficacité d’un réseau ne se mesurerait plus à l’absence totale d’eau sur la chaussée pendant l’orage, mais à sa capacité à drainer la ville rapidement une fois le calme revenu.

Donatien Fernando SOWANOU

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