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Filière avicole au Bénin : le coût élevé des poussins d’un jour plombe la compétitivité

Le développement de l’aviculture béninoise reste confronté à un obstacle majeur : la dépendance aux importations de poussins d’un jour. Une situation qui alourdit considérablement les coûts de production et freine les ambitions des acteurs du secteur.

Interrogé par le journaliste Thanguy Agoï, le consultant de l’Interprofession des Aviculteurs du Bénin, Bonaventure Camille Azomahou, a dressé un constat sans détour sur les difficultés auxquelles fait face la filière.

« Quand nous disons semences, c’est le poussin d’un jour », précise-t-il d’entrée. Selon lui, le véritable problème réside dans l’absence d’accouveurs disposant de parentaux modernes capables de produire localement des œufs fécondés destinés à l’incubation.

Aujourd’hui, le Bénin dépend encore largement des importations pour s’approvisionner en poussins d’un jour ou en œufs à couver. Une dépendance qui a un impact direct sur les coûts. « Le prix tourne entre 700 et 800 francs CFA le poussin importé », explique Bonaventure Camille Azomahou.

Un coût jugé excessif comparativement à d’autres pays de la sous-région comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, déjà autosuffisants dans ce domaine. Dans ces pays, le poussin d’un jour est vendu entre 400 et 500 francs CFA grâce à une production locale maîtrisée.

« C’est pratiquement le double. On ne peut pas faire quelque chose de compétitif comme ça », déplore le consultant.

Contrairement à la production d’œufs, où certains coûts peuvent être amortis sur une plus longue période, le prix du poussin entre directement dans la structure des coûts de la viande de volaille. Résultat : les producteurs béninois peinent à proposer des prix concurrentiels sur le marché.

Pourtant, plusieurs investisseurs privés ont déjà engagé des centaines de millions de francs CFA ces dernières années afin de moderniser leurs installations et renforcer leurs capacités de production. Selon Bonaventure Camille Azomahou, ces acteurs attendent désormais un accompagnement fort de l’État pour franchir une nouvelle étape.

Le consultant se veut toutefois optimiste. Il affirme que le gouvernement a pris conscience de l’enjeu stratégique que représente la production locale de poussins d’un jour. Des discussions sont déjà en cours autour de la mise en place de parentaux modernes et d’unités capables de fournir des poussins en quantité suffisante, de qualité et à des prix accessibles.

L’objectif est clair : réduire durablement le coût des semences avicoles afin de rendre la filière plus performante et plus compétitive.

« Si ce premier défi-là est relevé, je vous assure que c’est parti en un ou deux ans », assure-t-il avec conviction.

Au-delà de la question économique, cette bataille pour la souveraineté en poussins d’un jour apparaît désormais comme un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire, réduire les importations et accélérer l’essor de l’aviculture béninoise.

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