Un mois jour pour jour après son investiture le 24 mai 2026, le président Romuald Wadagni imprime déjà sa marque à la tête de l’État. En trente jours, le nouveau chef de l’exécutif a posé les jalons d’un septennat qui promet d’allier la rigueur managériale à une diplomatie offensive et un ancrage social affirmé. Des couloirs des ministères restructurés aux palais présidentiels de la sous-région, retour sur les grandes orientations d’un démarrage mené au pas de charge.

Le premier grand acte politique de Romuald Wadagni a été la formation d’une équipe gouvernementale resserrée à vingt-quatre membres. Au-delà des hommes, c’est la méthode de travail qui change de paradigme. Romuald Wadagni a instauré un nouveau rythme institutionnel en faisant passer les Conseils des ministres d’une cadence hebdomadaire à une fréquence mensuelle. Cette décision vise à désengorger l’agenda de l’exécutif pour accorder plus de temps aux ministres sur le terrain, favorisant ainsi un suivi approfondi des dossiers et une exécution plus rapide des projets d’État.
Le social et l’économie au cœur des premières urgences
Ancien gardien des finances publiques sous l’ancien président Patrice Talon en dix ans, le chef de l’État ne renie pas son ADN de technocrate mais choisit d’orienter sa rigueur budgétaire vers un impact social direct. Le véritable coup d’éclat de ce premier mois de gouvernance reste incontestablement la mesure choc prise en faveur du secteur de la santé. Sensible à l’angoisse des ménages face aux urgences médicales, le gouvernement a débloqué une dotation exceptionnelle d’un milliard de francs Cfa pour garantir la gratuité et la prise en charge immédiate de tout patient dont le pronostic vital est engagé, et ce, sans aucune condition financière préalable.
Cet acte fort de solidarité nationale s’est accompagné d’une réorganisation structurelle de l’appareil économique, marquée par la création d’un ministère entièrement dédié aux Petites et moyennes entreprises (Pme) et à la promotion de l’emploi. Une réponse concrète pour un secteur qui concentre 95 % des emplois nationaux mais qui fait face à de lourds défis de financement et de gouvernance. Dans la même veine, le couplage inédit des Sports et de l’Engagement civique montre la volonté du régime d’ancrer les valeurs républicaines au sein de la jeunesse par des canaux dynamiques.
L’offensive diplomatique : le Bénin en trait d’union régional

L’autre fait marquant de ce premier mois de gouvernance se joue incontestablement sur la scène internationale. Romuald Wadagni a enclenché une diplomatie de proximité particulièrement active en multipliant les visites officielles chez les voisins stratégiques de la sous-région. Le nouveau président s’est d’abord rendu chez le géant nigérian pour consolider les axes économiques et commerciaux, vitaux pour l’économie béninoise. Dans la foulée, le chef de l’État a mené une tournée cruciale dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, marquant des arrêts successifs au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.
Dans un contexte régional marqué par de profonds bouleversements géopolitiques, cette démarche montre la volonté du Bénin de se positionner comme un pont diplomatique et un facteur de stabilisation au sein de la communauté ouest-africaine.

En trente jours, Romuald Wadagni a troqué son costume de ministre des Finances pour celui de chef de l’État, imposant un style qui mêle pragmatisme économique et diplomatie de terrain. Les bases sont jetées, le septennat est désormais bien lancé.
Au plan interne, le Conseil des ministres du 3 juin a sonné l’heure du grand ménage et du positionnement des hommes de confiance. Le contrôle névralgique des cordons douaniers a été confié au colonel Raouf Malehossou, tandis que le palais de la Marina s’est attaché les services de figures clés comme Claudy Siar pour le rayonnement culturel et médiatique du Bénin. Ce vaste mouvement a également touché l’administration territoriale avec le réaménagement du commandement préfectoral.

En un mois seulement, le régime Wadagni a posé des jalons profonds. L’ossature est en place, les priorités sont définies et le cap est fixé. Reste désormais à maintenir cette cadence pour les soixante-treize prochains mois du mandat.
Donatien Fernando SOWANOU








