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Sahara occidental : l’ONU échoue à sauver la MINURSO

Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à renouveler le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Vendredi 30 octobre, la Russie a opposé son veto au projet américain de résolution. Une impasse diplomatique qui plonge l’avenir de cette force de maintien de la paix dans l’incertitude.

Le bras de fer entre Washington et Moscou a paralysé le Conseil de sécurité. Les États-Unis proposaient une prolongation d’un an de la mission, jusqu’au 31 octobre 2027. Mais leur texte introduisait un changement majeur : placer le plan d’autonomie marocain au cœur du règlement du conflit. Il prévoyait également de retirer la référence au référendum dans le nom de la mission, qui serait devenue MINUSO.

Cette nouvelle orientation a provoqué l’opposition de la Russie. Moscou a dénoncé une « approche unilatérale », estimant que le projet américain risquait de déséquilibrer les négociations. En réponse, elle a proposé de reconduire le mandat dans ses dispositions antérieures. Mais cette proposition n’a pas non plus obtenu le soutien nécessaire. Résultat : aucun renouvellement n’a été adopté avant l’expiration du mandat, prévue ce samedi 31 octobre.

Un conflit vieux de cinquante ans

Créée en 1991, la MINURSO avait notamment pour mission de surveiller le cessez-le-feu et de contribuer à l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Plus de trente ans après, cette consultation n’a toujours pas eu lieu.

Depuis près de cinquante ans, le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, s’opposent sur l’avenir du territoire. Rabat défend une autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que les indépendantistes réclament le droit des Sahraouis à choisir leur avenir, y compris l’indépendance.

Une mission fragilisée

Cet échec diplomatique menace la continuité des activités de la MINURSO. Sa présence demeure importante pour surveiller les tensions dans cette région où les hostilités ont repris en 2020.

Au-delà du sort de ses 359 personnels civils et militaires recensés en juin 2026, c’est la capacité de l’ONU à accompagner une solution pacifique qui est mise à l’épreuve. Pour les populations sahraouies, cette nouvelle impasse éloigne encore la perspective d’un règlement durable.

Firmin DANNON

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