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Ordre de préséance en République du Bénin: Ce qui change avec le nouveau décret

Le cadre protocolaire de l’État béninois fait peau neuve. Par le décret N° 2026-107 du 11 mars 2026, le Conseil des ministres a procédé à une mise à jour exhaustive de l’ordre de préséance en République du Bénin. Abrogeant les dispositions vieilles de vingt ans, ce nouveau texte vient clarifier la hiérarchie des personnalités lors des cérémonies officielles.

L’ordre de préséance, véritable boussole des apparitions publiques de l’État, place désormais en tête de liste le Président de la République en exercice, immédiatement suivi par le Président élu non encore en fonction. Cette disposition souligne une volonté de sécuriser la transition démocratique au sommet de l’État. Une innovation majeure réside dans le positionnement du Sénat. Le Président du Sénat occupe désormais la 5e place, devant le Président de l’Assemblée nationale.

Les anciens présidents et vice-présidents de la République, quant à eux, conservent une place de choix au 7e rang, leur ancienneté de prise de fonction servant de critère de départage. Cette hiérarchie stricte s’étend jusqu’aux institutions judiciaires et consultatives, confirmant le rang des présidents de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême et de la Cour des Comptes dans le peloton de tête de la République.

Le décret apporte également des précisions cruciales sur la gestion des délégations et des doubles statuts. L’article 2 pose un principe de rigueur: « les rangs et préséance ne se déléguent pas ». Concrètement, hormis pour les représentants directs du Chef de l’État, toute autorité représentant une personnalité supérieure lors d’une cérémonie doit occuper le rang correspondant à sa propre fonction et non celui de l’autorité absente. De même, pour les personnalités cumulant plusieurs titres, seule la fonction actuelle prévaut pour l’installation protocolaire, à l’exception des anciens présidents de la République qui jouissent d’un statut permanent.

Ces dispositions visent à fluidifier les arrivées, les installations et les départs lors des manifestations présidées par le Chef de l’État, évitant ainsi les télescopages de fonctions qui nuiraient à la solennité de l’événement. Enfin, l’architecture du décret descend jusqu’au niveau décentralisé et territorial, intégrant les chefs traditionnels et religieux, ainsi que les responsables syndicaux. Le texte confirme la préséance des Préfets dans leurs départements respectifs et des Maires dans leurs communes, tout en les soumettant à la hiérarchie nationale en cas de présence d’autorités de rang supérieur.

Du Secrétaire général de la Présidence aux chefs de villages, en passant par les recteurs d’universités et les dirigeants de partis politiques, ce sont 68 catégories de responsables qui sont désormais classées. En abrogeant le décret de 2006, cette nouvelle mouture législative harmonise les rangs avec les réalités institutionnelles actuelles, offrant ainsi au service du protocole d’État un outil de travail modernisé pour la tenue des grands rendez-vous de la nation.

Donatien Fernando SOWANOU

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