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Lutte contre la vie chère: les attentes pressantes des commerçants envers le président Romuald Wadagni

La flambée des prix sur les marchés reste la préoccupation majeure des populations. Entre dépendance aux importations, coûts de transport et défis agricoles, les commerçants de Cotonou interpellent le chef de l’état. Pour l’économiste Arsène Togba, la solution réside dans une action conjuguée sur la fiscalité et le soutien à la production locale. Pour les vendeurs de produits manufacturés, le salut passe par un allègement des charges aux frontières.

Paterne, vendeur de pièces détachées, souligne la fragilité des acteurs face aux fluctuations monétaires. « Nous dépendons de l’extérieur. Si le naira ou le dollar monte, on n’a pas le choix », explique-t-il. Pour lui, le président Romuald Wadagni doit impérativement agir sur les taxes à l’importation et les frais au port autonome de Cotonou pour briser la spirale inflationniste. Un avis partagé par Mathilde, commerçante de produits importés, qui pointe du doigt l’exagération des marges de certains grossistes et appelle à une stabilisation de la monnaie pour rassurer le marché.Agriculture et logistique: les clés de la souveraineté alimentaire.

Du côté des produits de grande consommation, les commerçantes de céréales indexent la base de la chaîne : la production. Catherine, vendeuse de maïs et de riz, estime que la baisse des prix doit commencer dans les champs. « S’il peut aider les agriculteurs avec des engrais moins chers et de bonnes routes pour transporter, les prix vont descendre naturellement », soutient-elle. Elle alerte également sur les pratiques de stockage illicite qui créent une rareté artificielle pour faire grimper les enchères, un fléau que le gouvernement devra combattre avec rigueur.

L’analyse de l’économiste Arsène Togba : vers une thérapie de choc

Face à ces témoignages, l’économiste Arsène Togba apporte un éclairage technique et des pistes de solutions concrètes pour un début de mandat apaisé pour Wadagni. Selon l’expert, l’inflation actuelle au Bénin est un phénomène complexe qui nécessite une réponse multidimensionnelle. Il préconise une régulation plus stricte du marché pour limiter les spéculations abusives et une politique fiscale incitative pour les produits de première nécessité.

Arsène Togba insiste également sur la nécessité pour l’exécutif de négocier des accords bilatéraux, notamment avec le Nigeria, pour faciliter les échanges et stabiliser les coûts d’approvisionnement. Pour lui, le succès du septennat de Romuald Wadagni sur le plan social dépendra de sa capacité à réduire les « faux frais » et les tracasseries qui pèsent sur les transporteurs, car, comme le disent si bien les vendeurs : « quand les charges diminuent, les prix diminuent aussi ».

À travers ces voix qui s’élèvent depuis les marchés, le cap est fixé pour les sept prochaines années. Transformer la gestion macroéconomique en un mieux-être visible dans le panier de la ménagère.

Donatien Fernando SOWANOU

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