À l’occasion de la Journée de la non-violence éducative célébrée ce 30 avril, la réflexion dépasse les discours pour s’ancrer dans le quotidien des familles. Comment éduquer sans frapper ? Comment corriger sans blesser ? Et surtout, comment tenir dans la durée ? Autant de questions auxquelles répond avec franchise Myrtille Akofa Haho, écrivaine et mère de famille, interrogée par le journaliste Firmin Dannon.
Son témoignage dessine une ligne claire : la non-violence éducative n’est ni une mode, ni une facilité. C’est un choix, souvent exigeant, qui demande lucidité et constance.
Éduquer sans violence : un changement de culture
Dans de nombreux contextes, la violence éducative reste profondément ancrée, parfois même légitimée. Cris, humiliations ou châtiments corporels sont encore perçus comme des outils “normaux” pour corriger un enfant.Face à cela, Myrtille Akofa Haho propose une autre voie : replacer l’enfant dans un cadre respectueux de son intégrité, où le dialogue, l’écoute et l’empathie deviennent les piliers de l’éducation.
“Il ne s’agit pas simplement d’éviter les coups, mais de construire un environnement de paix”, explique-t-elle en substance. Un environnement où l’enfant apprend à comprendre ses émotions autant que ses actes.
L’autorité autrement : fermeté sans brutalité
Contrairement aux idées reçues, éduquer sans violence ne signifie pas renoncer à l’autorité. Bien au contraire. Il s’agit de la redéfinir.Dans son quotidien de mère, l’auteure mise sur des principes simples mais puissants : l’exemple, la cohérence et la communication.
“Un enfant observe tout. Il reproduit ce qu’il voit avant même d’écouter ce qu’on lui dit.”
Dès lors, chaque réaction parentale devient un message. Plutôt que des sanctions physiques, elle privilégie des conséquences éducatives : avertissements, privation de certains privilèges, mise à distance temporaire ou encore un simple regard qui exprime la désapprobation. L’objectif n’est pas de faire peur, mais de faire comprendre. Non pas contraindre, mais responsabiliser.
Une épreuve de patience au quotidien
Mais derrière ces principes se cache une réalité moins idéalisée. Car éduquer sans violence, c’est aussi faire face à ses propres limites. Les enfants changent, évoluent, parfois de manière déstabilisante. Influencés par leur environnement, ils peuvent adopter des comportements inattendus, voire opposants. Dans ces moments-là, la tentation de réagir avec autorité brutale peut surgir.
“Il n’existe pas de manuel pour être parent”, rappelle-t-elle. Chaque situation impose de s’adapter, de réfléchir, parfois de se remettre en question.
Fatigue, pression sociale, responsabilités… autant de facteurs qui rendent cet engagement encore plus difficile à tenir.
Une responsabilité qui dépasse la famille
Au-delà du cercle familial, la non-violence éducative pose une question de société. Quelle génération voulons-nous construire ? Des adultes façonnés par la peur ou par la compréhension ?Car l’éducation ne s’arrête pas à la maison. Elle est influencée par l’école, les pairs, les médias, et l’environnement social dans son ensemble.
Dans ce contexte, promouvoir une éducation sans violence revient à semer les bases d’une société plus apaisée, où le respect ne s’impose pas, mais se construit dès l’enfance.
Éduquer sans blesser, un défi… mais un espoir
Le message de Myrtille Akofa Haho est clair : la non-violence éducative n’est pas un chemin facile, mais c’est un chemin nécessaire.
Un engagement quotidien, fait d’efforts, d’ajustements et parfois de doutes. Mais aussi un choix porteur d’espoir : celui de voir grandir des enfants équilibrés, conscients et respectueux.
Et si, au fond, la véritable autorité était celle qui guide sans écraser ?
Firmin DANNON









