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Urbanisme et résilience: le cri d’alarme de l’expert Megan Valère Sossou sur l’habitabilité de Cotonou

Le déluge qui s’est abattu sur la capitale économique ce mercredi 6 mai 2026 n’est pas qu’une simple intempérie pour les spécialistes de l’environnement. À travers un diagnostic sans concession, Megan Valère Sossou interroge l’avenir de Cotonou, une ville prise en étau entre l’assainissement à coups de milliards et une nature qui s’obstine à reprendre ses droits.

Cotonou s’est réveillée dans un décor de désolation. En quelques heures, la pluie a transformé les artères en torrents et les habitations en îlots isolés, mettant la vie urbaine à l’arrêt. Si le changement climatique et la qualité des canalisations sont souvent pointés du doigt, Megan Valère Sossou, spécialiste de l’environnement, invite à une réflexion bien plus profonde : la cité côtière est-elle encore habitable ? Le constat de l’expert repose sur une réalité géographique implacable. Bas-fonds, marigots et couloirs naturels d’écoulement ont été, au fil des décennies, bétonnés, remblayés et occupés par des lotissements sans plan d’urbanisme cohérent.

Pour Megan Valère Sossou, cette situation est une impasse. « Quand l’homme s’installe là où l’eau doit passer, l’eau ne demande qu’à reprendre ses droits », martèle-t-il, déplorant que les citoyens deviennent les victimes de leur propre imprévoyance. Face à cette « bombe à retardement hydraulique », l’expert estime que les solutions purement techniques montrent leurs limites. Malgré les investissements massifs de l’État dans les ouvrages d’assainissement, la nature rappelle chaque saison ses propres lois. Selon lui, vouloir tout centraliser dans cette cuvette côtière relève désormais de l’imprudence écologique.

La survie de la métropole passerait donc par une décision radicale: la déconcentration de Cotonou. Pour le spécialiste, il ne s’agit plus d’une option politique, mais d’une nécessité vitale. En libérant les « couloirs de passage » où l’eau respire, le Bénin pourrait éviter que sa capitale économique ne devienne, d’ici quelques décennies, une ville fantôme abandonnée aux crues. Cette pluie du mercredi 6 mai sonne ainsi comme un bulletin de crise qu’il urge d’écouter pour sauver l’avenir urbain du pays.

Donatien Fernando SOWANOU

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