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De Drogba à Amad Diallo : comment la Côte d’Ivoire a enfin brisé le plafond de verre en Coupe du monde

Longtemps, la Coupe du monde a été synonyme de regrets pour la Côte d’Ivoire. Malgré des générations exceptionnelles emmenées par Didier Drogba, Yaya Touré, Gervinho ou Salomon Kalou, les Éléphants avaient toujours vu leur aventure s’arrêter au premier tour. En 2026, aux États-Unis, au Canada et au Mexique, cette histoire a enfin changé.

Éliminée en huitièmes de finale par une solide Norvège (2-1) le 30 juin, la sélection ivoirienne quitte le tournoi la tête haute. Plus qu’une simple participation, cette campagne marque un véritable tournant dans l’histoire du football ivoirien.

Une histoire marquée par les occasions manquées

La première apparition de la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale remonte à 2006, en Allemagne. Le tirage est cruel : l’Argentine et les Pays-Bas barrent immédiatement la route aux Éléphants, battus à deux reprises sur le même score (2-1). Une victoire spectaculaire contre la Serbie-et-Monténégro (3-2) conclut néanmoins une première participation encourageante.Quatre ans plus tard, en Afrique du Sud, le scénario se répète. Placée dans un groupe composé du Brésil et du Portugal, la Côte d’Ivoire obtient un nul face aux Portugais (0-0), s’incline contre la Seleção (3-1), puis domine la Corée du Nord (3-0). Avec quatre points, les Ivoiriens auraient franchi le premier tour dans de nombreux groupes. Pas celui-là.

2014, le plus grand regret

Le Mondial brésilien reste sans doute la cicatrice la plus douloureuse.Après une victoire convaincante contre le Japon (2-1), puis une courte défaite face à la Colombie (2-1), les Éléphants n’ont besoin que d’un match nul contre la Grèce pour atteindre, enfin, les huitièmes de finale.Mais dans les dernières secondes, un penalty transformé par Georgios Samaras brise le rêve ivoirien. Une élimination cruelle qui symbolise à elle seule les frustrations d’une génération dorée qui n’a jamais réussi à franchir ce cap mondial.

Douze ans plus tard, la délivrance

Absente des éditions 2018 et 2022, la Côte d’Ivoire revient en 2026 avec un nouveau visage, porté par une génération ambitieuse.Le parcours débute idéalement grâce à une victoire précieuse contre l’Équateur (1-0), obtenue dans les derniers instants grâce à Amad Diallo. Malgré une défaite frustrante contre l’Allemagne (2-1), les Éléphants gardent leur destin entre leurs mains. Face à Curaçao, Nicolas Pépé signe un doublé décisif (2-0) qui offre enfin à la Côte d’Ivoire ce que tant de grandes équipes ivoiriennes avaient poursuivi sans succès : une qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde.

Le mur est enfin tombé.

Une sortie honorable face à la NorvègePour leur premier match à élimination directe de leur histoire, les Ivoiriens se mesurent à une ambitieuse équipe norvégienne.Antonio Nusa ouvre le score, mais Amad Diallo répond avec sang-froid et entretient l’espoir. Alors que la prolongation semble se profiler, Erling Haaland surgit à la 86e minute pour inscrire le but de la victoire (2-1).L’élimination est difficile à digérer, mais elle ne ternit en rien le parcours réalisé. Pour la première fois, la Côte d’Ivoire quitte une Coupe du monde après avoir disputé un match à élimination directe, preuve tangible de sa progression sur la scène internationale.

Une nouvelle génération prend le relais

Pendant près de deux décennies, Didier Drogba, Yaya Touré, Gervinho, Wilfried Bony ou encore Salomon Kalou ont incarné les ambitions ivoiriennes.En 2026, une nouvelle génération écrit à son tour une page importante de l’histoire.Amad Diallo s’est affirmé comme le nouveau leader offensif en inscrivant le but victorieux contre l’Équateur puis l’égalisation face à la Norvège. Nicolas Pépé, avec son doublé contre Curaçao, est devenu l’homme de la qualification historique pour les huitièmes de finale.Le témoin est désormais passé.

Des statistiques qui témoignent d’une progression

À l’issue de la Coupe du monde 2026, le bilan de la Côte d’Ivoire est de 13 matchs disputés, 5 victoires, 1 match nul et 7 défaites, avec 18 buts inscrits pour 18 encaissés.Plus remarquable encore, les Éléphants ont remporté au moins une rencontre lors de chacune de leurs quatre participations au Mondial : contre la Serbie-et-Monténégro en 2006, la Corée du Nord en 2010, le Japon en 2014, puis l’Équateur et Curaçao en 2026.

La fin d’une malédiction, le début d’une nouvelle ambition

Le Mondial 2026 ne s’est pas terminé avec un trophée pour la Côte d’Ivoire. Il a offert quelque chose de tout aussi précieux : une certitude.Les Éléphants ne sont plus cette équipe talentueuse condamnée à échouer au premier tour. Ils ont prouvé qu’ils pouvaient franchir un cap et rivaliser avec les meilleures nations.Après la conquête de la Coupe d’Afrique des nations en 2024, cette qualification historique pour les huitièmes de finale confirme que le football ivoirien est entré dans une nouvelle dimension.

L’histoire ne s’est pas arrêtée face à la Norvège. Elle ne fait sans doute que commencer.

Firmin DANNON

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