Longtemps considéré comme un bastion masculin, le journalisme sportif béninois s’ouvre progressivement aux femmes. Peu nombreuses, mais déterminées, elles couvrent les compétitions, interrogent les acteurs du sport et racontent les performances avec le même professionnalisme que leurs confrères. À l’occasion de la Journée internationale de la presse sportive, coup de projecteur sur ces pionnières qui font bouger les lignes.
Le 2 juillet marque la Journée internationale de la presse sportive. Une célébration qui rend hommage aux journalistes et professionnels des médias engagés dans la couverture de l’actualité sportive à travers le monde. Au Bénin, cette journée est aussi l’occasion de mettre en lumière celles qui exercent ce métier avec passion, malgré un environnement où les hommes restent largement majoritaires.
Dans les stades, les salles de conférence ou au bord des terrains, leur présence demeure discrète. Pourtant, leur travail est bien réel. Ces femmes racontent les exploits des athlètes, analysent les rencontres et donnent une autre voix au journalisme sportif béninois.
Juliette Ezin fait partie des pionnières. Journaliste sportive depuis 2005, elle explique que sa carrière est née d’une passion ancienne pour le sport.

« Depuis mon enfance, j’ai toujours pratiqué le sport. J’ai joué au handball, couru les 800 mètres lors des Jeux scolaires, puis pratiqué le football. Je voulais continuer à vivre cette passion autrement. Le journalisme sportif s’est imposé comme une évidence », confie-t-elle.
Mais derrière cette passion se cache un quotidien exigeant. Les contraintes du métier se mêlent souvent aux réalités familiales, surtout pour les femmes mariées.
Selon Juliette Ézin, les horaires irréguliers, les déplacements fréquents et la difficulté de concilier vie professionnelle et responsabilités familiales représentent de véritables défis. À cela s’ajoutent les exigences de la profession, qui demandent une disponibilité permanente pour couvrir les événements sportifs.
Elle évoque également une autre réalité plus préoccupante : le harcèlement sexuel, auquel certaines journalistes sportives sont confrontées dans l’exercice de leur métier.
Malgré ces obstacles, l’ancienne sportive refuse de céder au découragement. Elle invite les jeunes filles passionnées de sport à croire en leurs capacités.
« Je leur demande de ne jamais abandonner. Le métier est difficile, mais lorsqu’on est animée par la passion, on peut réaliser ses rêves. Aujourd’hui encore, il arrive que nous soyons seulement deux ou trois femmes au milieu de centaines de journalistes hommes lors de certains événements. C’est pourquoi je m’investis pour encourager davantage de jeunes filles à rejoindre le journalisme sportif », affirme-t-elle.
Pour elle, cette profession est une formidable école de vie. Elle permet de voyager, de rencontrer des personnalités, d’acquérir de nouvelles connaissances et de contribuer au développement du sport.
Si leur nombre reste limité, les femmes qui évoluent dans la presse sportive béninoise démontrent chaque jour que la compétence, la rigueur et le professionnalisme n’ont pas de genre. Par leur engagement, elles participent à faire évoluer les mentalités et ouvrent progressivement la voie à une nouvelle génération de journalistes sportives.
À l’occasion de cette Journée internationale de la presse sportive, leur parcours rappelle qu’au-delà des clichés et des préjugés, la passion, le talent et la persévérance restent les véritables moteurs de ce métier.
Firmin DANNON









