Quelques jours avant la fin de leur mandat, le Secrétaire général de la 9e mandature de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem), le Dr Thanguy Agoï, a été reçu sur le plateau de l’émission Bonjour le Bénin. Cette intervention précède la cérémonie officielle de reddition de comptes de ce vendredi 3 juillet 2026.
Au cours de cet entretien, le Dr Agoï a dressé un bilan des actions menées par le tribunal des pairs. Bien que les ressources financières de l’institution soient limitées, il estime que des avancées significatives ont été enregistrées, notamment sur le plan de l’auto-évaluation des professionnels des médias et de la révision des textes fondamentaux. L’Odem a activement travaillé sur l’analyse des prestations des acteurs des médias. L’institution a été saisie à plusieurs reprises par des citoyens et des consommateurs de produits de presse au sujet de diverses productions. « Nous avons discuté avec des confrères au sujet de leur production et par rapport à des plaintes qui sont venues vers nous », a indiqué le Dr Thanguy Agoï.
Après audition des journalistes concernés, l’observatoire a tranché, prononçant des décisions parfois en faveur des plaignants, parfois en faveur des professionnels des médias. De plus, l’Odem a publié des rapports de monitoring basés sur sa propre observation de l’actualité afin d’évaluer la qualité de la presse béninoise. L’un des faits marquants de cette 9e mandature réside dans la révision du Code de déontologie et de l’éthique dans les médias. Ce texte n’avait pas été modifié depuis plus de 25 ans, une époque où le paysage numérique et les réseaux sociaux n’existaient pas sous leur forme actuelle. Cette réforme, qualifiée de mobilisation nationale par le Secrétaire général, a permis d’adapter les règles du métier aux réalités des médias en ligne. Le nouveau code est ainsi passé de 26 à 33 articles. En parallèle, une tournée a été organisée dans les 12 départements du Bénin afin de sensibiliser les journalistes à ces nouvelles règles de la profession.
Interrogé sur la liberté de la presse, le Dr Agoï a rappelé que la première défense d’un journaliste réside dans la qualité et la rigueur de son propre travail. Il a néanmoins souligné que l’Odem, en solidarité avec les organisations faîtières de la presse (telles que l’Upmb et le Cnpa-Bénin), est intervenu de manière discrète sur des cas de professionnels des médias arrêtés pour des délits d’opinion ou de diffamation. Il a réaffirmé la nécessité de respecter les textes de la République, qui excluent les peines privatives de liberté pour les délits de presse.
Malgré ces avancées, le Dr Agoï a nuancé le bilan en évoquant le manque de moyens financiers qui a limité l’organisation de formations à plus grande échelle à l’intérieur du pays. Il a également regretté l’absence prolongée d’un ministère de tutelle pendant une partie du mandat, ce qui a freiné la mise en place d’une synergie d’actions globale pour améliorer structurellement les conditions de travail de la presse au Bénin.
Donatien Fernando SOWANOU









