À l’occasion de la Journée internationale des cuisiniers et cuisinières Kalimath Bako, restauratrice renommée à Parakou connue sous l’appellation évocatrice de « Chez la Reine », s’est prêtée au jeu des questions pour partager sa passion des saveurs septentrionales et plaider pour une valorisation moderne du patrimoine culinaire béninois.
Interrogée sur les plats emblématiques du nord du Bénin susceptibles de séduire une clientèle moderne et internationale, Kalimath Bako a d’emblée mis en avant des mets phares profondément ancrés dans les traditions : le Wasawasa, un véritable « couscous africain » confectionné à base de cossettes d’igname, souvent accompagné de friture, qui s’impose comme un ambassadeur de choix pour le rayonnement culturel du pays; le Tubani qui est fait à base de niébé, revisité aujourd’hui dans des formats audacieux et attractifs comme le « tubani en mode brochette ».
La restauratrice n’a pas caché les difficultés économiques inhérentes à la gestion d’un restaurant traditionnel face à la concurrence des fast-foods et des plats occidentaux importés (pizzas, chawarmas). « Si tu comptes sur les mets traditionnels seuls, ton restaurant risque de couler. Celui qui fait de la pizza ou du chawarma a malheureusement plus de visibilité que celui qui propose du Tubani ou du Wasawasa », a-t-elle confié avec lucidité. Pour inverser cette tendance, elle insiste sur l’importance cruciale de la créativité, de l’hygiène rigoureuse et du marketing culinaire. Elle prépare d’ailleurs un projet de masterclass en cuisine destiné à transmettre aux jeunes générations les techniques de préparation des plats ancestraux en voie de disparition.
Au-delà des grands classiques, Kalimath Bako a partagé ses propres préférences gastronomiques, évoquant sa passion pour la pâte blanche accompagnée d’une sauce à base de feuilles de Moringa séchées et pilées en poudre, agrémentée de poissons fumés de Malanville ou de viande de mouton ainsi que pour le fameux « Bôbiwo », qu’elle prépare avec un talent tel qu’il suscrit l’admiration de ses clients les plus exigeants à Paracou.
La cordon bleu a appelé les autorités locales et nationales à intensifier les campagnes de promotion du tourisme gastronomique, emboîtant le pas aux initiatives pionnières menées par le passé pour que le patrimoine culinaire béninois devienne un véritable levier de développement et d’attractivité touristique.
Donatien Fernando SOWANOU









