Pour que le Bénin devienne une nation de splendeur à l’horizon 2060, le pays doit opérer des transformations profondes dépassant les simples incantations politiques. Le Président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (Cipb), Roland Riboux, a partagé sa lecture des priorités nationales et salue les ambitions du programme du président élu Romuald Wadagni,
L’un des freins majeurs à l’expansion économique béninoise réside, selon Roland Riboux, dans la faiblesse du pouvoir d’achat et l’étroitesse du marché de consommation. Pour le président du Cipb, l’enjeu n’est pas de choisir entre un État de services ou de production, mais de développer simultanément les secteurs primaire et secondaire. Il souligne que le secteur tertiaire, qui englobe les banques et le port, doit avant tout servir de levier à l’industrie et à l’agriculture.
À titre d’exemple, l’ambition de doubler la productivité du soja passera inévitablement par une lutte frontale contre l’analphabétisme en milieu rural. Pour Roland Riboux, un producteur agricole doit être en mesure de lire et de comprendre les modes d’emploi des intrants pour optimiser ses rendements, faisant ainsi du savoir le premier moteur de la richesse nationale.
Au-delà des chiffres, c’est la « colonne vertébrale » morale du citoyen béninois qui préoccupe le chef d’entreprise. Roland Riboux déplore un effritement du sens du bien public et de la conscience professionnelle, qu’il lie en partie aux dérives d’une certaine forme de démocratisation. Il préconise une rééducation civique dès le plus jeune âge, suggérant l’instauration d’une demi-heure quotidienne de cours d’éducation morale et civique dans le primaire et le secondaire.
En citant les modèles japonais et américain, il rappelle que sans honneur personnel et sans amour du travail bien fait, les projets les plus ambitieux, comme ceux portés par le gouvernement actuel en matière d’industrie, risquent de pâtir de comportements délétères. Pour lui, l’autorité de l’État doit s’accompagner d’une intériorisation des règles par chaque individu afin de bâtir une société de confiance.
La question énergétique constitue l’autre grand chantier pour soutenir l’industrialisation. Si Roland Riboux encourage le développement du solaire pour l’usage domestique et les économies diurnes, il estime que cette source intermittente ne peut porter seule le développement industriel. Il plaide ainsi pour l’exploration de l’option nucléaire via des mini-centrales, à l’instar de pays comme le Ghana, le Rwanda ou l’Afrique du Sud.
Enfin, concernant la stratégie de développement, il soutient la vision de régionalisation du président élu Wadagni, tout en proposant d’aller plus loin vers un « Plan d’Action Gouvernemental » décliné au niveau communal. Cette décentralisation permettrait, selon lui, d’attaquer les problèmes à la base, notamment par la création de jardins communautaires gérés par les femmes pour éradiquer la malnutrition infantile, garantissant ainsi un avenir sain aux générations qui porteront le Bénin de 2060.









