Alors que le bras de fer semblait inévitable, le groupe parlementaire d’opposition « Takku Wallu Sénégal » a annoncé, ce mardi 5 mai 2026, la suspension de son recours en inconstitutionnalité contre la réforme du code électoral. Un repli tactique qui interroge sur les futurs rapports de force entre l’hémicycle et le palais de la République.
L’offensive juridique attendue n’aura finalement pas lieu, du moins pour l’instant. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, fer de lance de la contestation contre les récentes modifications du code électoral, a décidé de geler son initiative contentieuse. Ce repositionnement, officialisé par un communiqué de sa présidente, Me Aïssata Tall Sall, marque une pause dans l’escalade politique qui secoue Dakar depuis plusieurs semaines.
Ce revirement n’est pas le fruit du hasard. Takku Wallu Sénégal justifie sa décision par les récentes orientations déclinées par le Président de la République. En reprenant la main sur le dossier, l’exécutif a semble-t-il ouvert une brèche dans laquelle l’opposition a choisi de s’engouffrer, préférant observer la « dynamique institutionnelle » avant de dégainer l’arme du recours.
Pour Aïssata Tall Sall et ses collègues, il s’agit de laisser le temps aux ajustements annoncés par le sommet de l’État de se matérialiser. Une posture de « vigilance bienveillante » qui permet au groupe de ne pas s’enfermer dans un radicalisme juridique prématuré, tout en renvoyant le régime à ses responsabilités devant l’opinion publique.
Ce choix marque une inflexion notable dans la communication du groupe. En optant pour la suspension plutôt que pour l’abandon pur et simple, Takku Wallu Sénégal garde l’épée de Damoclès du recours suspendue au-dessus du processus législatif.
Donatien Fernando SOWANOU









