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Gestion des déchets hospitaliers : Valère Sossou alerte sur les risques sanitaires et environnementaux

Dans un entretien exclusif, l’expert en environnement et Directeur exécutif de l’Ong « Save our planet », Megan Valère Sossou, dresse un état des lieux préoccupant de la gestion des déchets en milieu médical. Entre insuffisance d’infrastructures et risques de contamination de la nappe phréatique, le spécialiste appelle à une réforme urgente du système de tri et de traitement.

Le secteur de la santé au Bénin fait face à un défi écologique majeur: la gestion de ses propres résidus. Selon Megan Valère Sossou, la sécurité sanitaire commence dès l’enceinte de l’hôpital par un « tri à la source » rigoureux. Ce processus repose sur un code couleur précis. Il faut noter le vert pour les déchets recyclables secs, le jaune pour les déchets banals, et le rouge pour les déchets infectieux et dangereux.

« Ces derniers peuvent contenir des bactéries et des pathogènes capables d’accentuer la contamination », prévient l’expert, insistant sur le fait que la manipulation de ces objets requiert des équipements de protection spécifiques (Epi) tels que des gants résistants aux perforations pour parer aux risques de piqûres accidentelles.

L’un des points les plus critiques soulevés par le spécialiste concerne la durée de conservation des déchets à risques sur les sites hospitaliers. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) recommande une évacuation rapide, l’expert précise que le délai ne devrait idéalement pas excéder 24 à 48 heures.

Au-delà de ce seuil, le risque de prolifération de pathogènes ou d’attraction d’insectes vecteurs de maladies devient incontrôlable. « Si le centre n’a pas la capacité de traiter ces déchets dans les temps, cela devient un véritable danger public », martèle-t-il, déplorant que de nombreux centres de santé ne disposent pas encore d’incinérateurs modernes.

Le diagnostic de Megan Valère Sossou s’étend également aux conséquences environnementales à long terme. En l’absence de filières de traitement agréées et suffisantes, les déchets médicaux finissent parfois dans des décharges sauvages. Sous l’effet des pluies, les bactéries et métaux lourds s’infiltrent dans le sol jusqu’à atteindre la nappe phréatique.

« Ce sont ces mêmes eaux souterraines que nous consommons via les forages. Si elles sont contaminées, nous nous exposons à des maladies diarrhéiques, hépatiques et même cancérigènes », alerte-t-il. L’expert dénonce également l’incinération artisanale, source de fumées toxiques provoquant des irritations respiratoires et des conjonctivites chroniques chez les riverains.

Face à ces obstacles, principalement financiers et structurels, l’expert appelle à une mobilisation générale. Il pointe du doigt l’insuffisance du personnel de contrôle, notant que l’Agence Béninoise pour l’environnement (Abe) ne dispose pas de ressources humaines suffisantes dans chaque commune pour assurer une police sanitaire efficace.

Pour le Directeur exécutif de « Save Our Planet », la solution réside dans la traduction de ces problèmes en projets bancables afin d’attirer des financements. « L’État, la société civile et le secteur privé doivent jouer leur partition pour bâtir une gestion optimale des déchets, garante de la santé de tous », conclut-il.

Donatien Fernando SOWANOU

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