Le Bénin a été récemment secoué par deux faits divers tragiques : à Zè et à Lalo, des pères de famille ont accidentellement tué leurs enfants en voulant leur infliger une correction. Reçu sur le plateau de l’émission d’Actu Matin ce mardi 12 mai 2026, le psychologue André Alihonou analyse ces drames de l’éducation par la force et propose des alternatives pour une discipline sans violence.
La mort d’une jeune fille en classe de Première pour avoir manqué des travaux dirigés (Td) et celle d’un garçon surpris avec une cigarette ne sont pas seulement des faits divers, ce sont des symptômes d’une crise de l’éducation. Pour André Alihonou, ces drames auraient pu être évités avec « quelques secondes de patience et de réflexion ». Le psychologue rappelle un principe fondamental: l’enfant est un être en apprentissage qui a structurellement « droit à l’erreur ».
En voulant imposer le droit chemin par la violence, le parent ne corrige plus, il décharge sa propre frustration sur un être fragile. L’expert souligne que le monde a changé et que les méthodes d’autrefois, basées sur la chicotte, ne sont plus adaptées à la psychologie de l’enfant moderne. « Les parents doivent apprendre à vivre à l’ère de leurs enfants, pas à leur époque », martèle-t-il. Aujourd’hui, l’environnement social et les pressions quotidiennes ont fragilisé la résistance psychologique des individus. Reproduire le schéma de la violence physique, c’est apprendre à l’enfant que la force est le seul moyen de régler les conflits, préparant ainsi de futurs adultes violents envers leurs proches.
Face à l’argument des parents qui estiment que « l’enfant n’écoute pas », André Alihonou renverse la perspective : « Quand l’enfant n’a pas compris, demandez-vous d’abord si vous avez bien expliqué ». Il préconise de remplacer la répression par la responsabilisation. Par exemple, au lieu de frapper un enfant qui a brisé un objet, il suggère de l’amener à réparer ou à contribuer financièrement au remplacement via son argent de poche. Cette approche pédagogique permet à l’enfant de comprendre les conséquences de ses actes sans passer par la souffrance physique.
Le psychologue aborde le cas douloureux des parents aujourd’hui en prison pour avoir causé la mort de leur progéniture. Au-delà de la sanction pénale, il évoque un « double châtiment » : le remords éternel et la destruction totale du foyer. Pour éviter de tels extrêmes, il exhorte les familles à privilégier le dialogue dès le plus jeune âge et à consulter des professionnels en cas de difficultés comportementale.









