Avec l’installation de la saison des pluies, les risques de maladies liées à l’eau polluée montent en flèche. Choléra, typhoïde et gastro-entérites guettent les populations, particulièrement dans les zones où l’assainissement reste précaire. Pour éviter que le déluge ne se transforme en tragédie sanitaire, des gestes simples et une vigilance accrue s’imposent.
L’eau, source de vie, peut rapidement devenir un vecteur de mort dès que les premières précipitations s’abattent sur nos villes. Dès que les rues s’inondent, les salles d’attente des cliniques se remplissent. En cause, les maladies hydriques qui profitent du ruissellement pour s’inviter dans nos verres et nos assiettes.
Le piège du ruissellement
Le mécanisme est implacable. Les fortes pluies lavent les sols, emportant sur leur passage les ordures ménagères et les déjections à l’air libre. Ces polluants s’infiltrent dans les puits mal protégés ou contaminent les conduites d’eau endommagées. « Beaucoup de nos concitoyens consomment l’eau de puits après la pluie en pensant qu’elle est limpide, alors qu’elle est biologiquement souillée », préviennent les spécialistes de santé.
Au-delà de la boisson, l’humidité ambiante accélère la décomposition des aliments. En cette période, les fruits et légumes vendus à même le sol sont des nids à bactéries. La règle d’or reste le lavage systématique avec de l’eau traitée ou désinfectée au vinaigre, car le simple rinçage à l’eau claire ne suffit plus à éliminer les kystes de parasites.

Traiter l’eau à domicile : un impératif
Face à la menace, la prévention domestique est le premier rempart. Si l’accès à l’eau potable est parfois complexe, des solutions locales existent. L’ébullition reste la méthode la plus sûre : porter l’eau à 100°C permet d’éliminer la quasi-totalité des agents pathogènes. Pour ceux qui privilégient la chimie, l’utilisation de pastilles de purification ou d’une eau de Javel de qualité (à dose infime) est recommandée, à condition de laisser l’eau reposer au moins 30 minutes.
L’automédication : le faux remède qui tue
Le danger le plus insidieux réside pourtant dans nos pharmacies de maison. Face à une diarrhée, le réflexe de prendre un ralentisseur du transit est courant, mais potentiellement mortel. En cas de maladies hydriques, bloquer l’évacuation des selles peut emprisonner les toxines dans l’organisme et provoquer des complications neurologiques ou des septicémies.
L’urgence est déclarée dès que le patient présente une fatigue extrême, des yeux enfoncés ou une fièvre qui ne tombe pas. Dans ces cas, une seule direction : le centre de santé le plus proche. En période de précipitations, la prudence n’est pas une option, c’est une question de survie.
Donatien Fernando SOWANOU









