
L’Université d’Abomey-Calavi (Uac) est le point de ralliement des savants et sachants du continent et de sa diaspora. Le Conseil Mondial du Panafricanisme (Cmp) y a ouvert, ce jeudi 4 juin 2026, la deuxième édition de sa conférence internationale biennale placée sous le thème « Panafricanisme : éducation, politique et projets ». Axé sur une approche pragmatique à travers le mot d’ordre « Pour un panafricanisme d’action », ce colloque de deux jours ambitionne de lever les tabous et d’introduire la pensée panafricaine ainsi que les valeurs endogènes au cœur des programmes d’enseignement supérieur en Afrique.
C’est un rendez-vous scientifique de haute facture qui redéfinit les contours de l’émancipation intellectuelle du continent. En accueillant cette biennale, l’Université d’Abomey-Calavi réaffirme son statut de carrefour du savoir. Représentant le Recteur de l’UAC à la cérémonie d’ouverture, le Dr Romain Hounzandji a exprimé l’immense honneur pour l’institution d’abriter un tel espace de réflexion.
Officiellement lancés par Aimée Azon Aboudou, représentante de la Vice-présidente de la République du Bénin, ces travaux ont mobilisé d’éminentes personnalités, à l’instar de Dominique Brutus, Ambassadrice de la République de Haïti au Bénin, et du Professeur Bienvenu Antonio, témoignant de la portée diplomatique et mémorielle de l’événement.
Sortir du radicalisme par le dialogue scientifique
Pour Roger Kuassi Sessou, président du Conseil mondial du panafricanisme, l’urgence est de remettre les réflecteurs sur une pensée historique trop longtemps marginalisée ou méconnue. Loin des clichés et des postures de confrontation, le président du Cmp prône une démarche inclusive. « Notre conférence est placée sous le signe d’un panafricanisme d’action. Ce n’est pas du radicalisme, c’est une pensée qui remet la condition africaine sur l’échiquier mondial », a-t-il clarifié.
L’objectif fondamental est de briser le « tabou » qui entoure cette thématique afin que les universités et les grandes écoles africaines deviennent pleinement réceptives à ces savoirs. Ce mouvement s’inscrit d’ailleurs dans un partenariat stratégique scellé depuis 2024 avec un institut basé à Oyo, au Nigéria, dont la délégation est fortement représentée à Cotonou pour promouvoir un dialogue rigoureux, rationnel et apaisé.
L’éducation, le développement et la reconquête technologique au cœur des débats
Durant ces deux jours, les chercheurs et sachants africains vont plancher d’arrache-pied au sein de plusieurs ateliers structurés autour de quatre thématiques majeures. Au premier rang des priorités figurent l’éducation et l’intégration des valeurs endogènes dans les curricula de formation. Le développement socio-économique constitue le second pilier de ces réflexions sectorielles.
En mobilisant un tel engouement au sein de la communauté scientifique, le Conseil mondial du panafricanisme entend rappeler le rôle historique de l’Afrique, qui a été à l’avant-garde des premières connaissances et des technologies de l’humanité, afin de poser les balises d’un essor contemporain maîtrisé.
Donatien Fernando SOWANOU








