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Filière avicole : entre souveraineté alimentaire, défis structurels et promesses du salon avicole

Bayedjinou Idossou, ingénieur en santé et production animale et membre du commissariat général du Salon avicole du Bénin, a dressé un état des lieux sans fard de l’aviculture béninoise. L’expert a plaidé pour une interdiction progressive des importations de viandes congelées et a levé le voile sur les grandes innovations attendues à la fin de ce mois de juin pour dynamiser l’économie nationale.

L’un des grands tournants de la filière avicole nationale reste l’échéance de 2025, année initialement annoncée par le pouvoir politique pour la suppression des importations de produits carnés congelés, qui s’élèvent à près de 100 000 tonnes chaque année. Pour Bayedjinou Idossou, les acteurs béninois étaient pourtant au rendez-vous. « Les acteurs de la filière avicole étaient prêts. Ils avaient travaillé au renforcement des capacités, à la professionnalisation. Ils avaient mis en place de nouvelles infrastructures et des investissements », a-t-il affirmé, regrettant que le report de cette décision politique ait gelé les élans en cours.

L’ingénieur estime qu’attendre que les producteurs locaux soient prêts à 100 % est une erreur stratégique. Prenant l’exemple de pays de la sous-région comme le Sénégal, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire, il préconise l’adoption d’une approche progressive par étapes ou par quotas. Une telle décision politique agirait comme un déclencheur, incitant les investisseurs à occuper l’espace libéré par le marché importé. L’aviculture étant une activité à cycle court, la production locale est tout à fait capable de combler rapidement la demande si le capital humain et les investissements suivent.

Les défis majeurs : le poussin d’un jour et le coût de l’alimentation


Interrogé sur les freins logistiques de la filière, il a mis le doigt sur les deux piliers de la production à savoir les poussins et l’alimentation. La souveraineté sur les poussins d’un jour qualifiés de « semence de l’aviculture ». Les poussins d’un jour dépendent encore fortement de l’importation au Bénin, ce qui expose la filière à des risques sanitaires et des ruptures de stock. L’expert appelle de ses vœux l’installation d’une véritable industrie locale de production de poussins. La maîtrise des coûts de l’aliment c’est-à-dire l’alimentation représente entre 60 % et 70 % des charges d’un éleveur. À ce sujet, Idrissou Idoussou a salué la politique de l’État qui a permis de stabiliser le prix du maïs autour de 150f cfa le kilogramme ces dernières années, évitant les flambées historiques à 400f cfa constatées en période de soudure. Pour sécuriser l’avenir, il suggère d’intégrer formellement les besoins céréaliers (maïs jaune et soja) de l’aviculture dans les planifications agricoles nationales via des contrats directs avec les producteurs.

Qualité organoleptique et innovations de transformation
Face aux interrogations sur la labellisation et la qualité du poulet béninois, l’expert s’est voulu catégorique : la production locale est irréprochable et supérieure aux alternatives importées. En termes de qualité organoleptique (goût, texture), le poulet local offre une fraîcheur incomparable, n’ayant pas subi les cycles de congélation et de transport sur de longs mois. « Il y a d’ailleurs plus de demande que d’offre actuellement », a-t-il précisé.
Loin de se cantonner à la vente de cuisses ou de poulets entiers, la filière locale innove. Le public pourra découvrir lors du prochain salon toute une gamme de produits transformés « Made in Benin », allant du poulet fumé ou rôti jusqu’à la charcuterie fine comme les merguez et les saucisses de poulet.

Le Salon Avicole du Bénin : Une vitrine internationale de premier plan


Prévu pour la fin du mois de juin 2026, le Salon Avicole du Bénin s’annonce comme le grand carrefour de la souveraineté alimentaire et de la redynamisation économique. Le secteur avicole est un puissant moteur transversal, générant des emplois pour les jeunes et les femmes, et stimulant la transformation, la logistique, la restauration et l’hôtellerie. Ce salon ne sera pas qu’un lieu d’exposition, mais une véritable plateforme d’affaires et de réseautage (B2B) connectant éleveurs, équipementiers et formateurs. L’événement bénéficie d’une forte crédibilité à l’international, marquée par la présence attendue d’une importante délégation du Maroc, dont le ministre de l’Agriculture fera le déplacement pour l’ouverture aux côtés de son homologue béninois.

Enfin, la science aura une place centrale. Un comité scientifique universitaire y coordonnera des panels de haut niveau axés sur la biosécurité, la santé animale, l’alimentation et l’amélioration génétique, prouvant que la recherche béninoise est pleinement mobilisée pour accompagner l’essor de son économie.

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