En marge des activités du Salon-expo avicole du Bénin, les projecteurs se tournent vers les dynamiques de production des pays leaders. Interrogé sur la situation du marché chérifien, Mohamed Omar El Armani El Mrni, Vice-président de la Fédération interprofessionnelle si secteur avicole au Maroc(Fisa) relativise les affirmations faisant état d’un excédent incontrôlé. Selon lui, il serait excessif de parler d’un excès de production, car le secteur s’est simplement fixé des objectifs précis depuis le lancement d’une stratégie de développement avicole.
Cette démarche, menée en partenariat public-privé, résulte d’une concertation parfaite entre le ministère de l’Agriculture, les services sanitaires et la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole. La croissance progressive ainsi planifiée, soutenue par un contrat-programme, a permis d’atteindre les objectifs fixés un peu plus tôt que prévu, ce qui explique le sentiment d’avance souvent confondu avec de la surproduction.
Loin d’être un problème, ce dynamisme permet au Maroc de stabiliser son marché intérieur tout en se positionnant à l’international. Les chiffres actuels affichent un niveau de 23,6 kilos de viande blanche et 191 œufs consommés par habitant et par an. Parallèlement, le pays développe ses exportations, notamment en ce qui concerne les œufs à couver (Oac). En 2025, la barre des 55 millions d’Oac exportés a été franchie, orientée en grande partie vers les pays subsahariens.
Pour Mohamed Omar El Armani El Mrni, l’enjeu actuel n’est pas de freiner la production, mais d’accompagner les investissements pour promouvoir davantage la consommation, notamment en répondant par la communication aux interrogations récurrentes sur la qualité sanitaire de la volaille industrielle. Les projections à long terme du secteur marocain s’inscrivent dans le programme Génération green (GG30), qui vise à atteindre 912 000 tonnes de viande blanche d’ici 2030 et à dépasser les 200 œufs par habitant et par an.
Cette ambition reflète une conviction partagée par de nombreux acteurs du continent : la protéine d’origine avicole, qu’elle soit issue de la viande ou de l’œuf, constitue l’avenir de la sécurité alimentaire en Afrique. Au Maroc, la volaille représente aujourd’hui 54 % des viandes toutes confondues abattues et assure à elle seule 40 % des apports en protéines animales, devant les viandes rouges, le lait, le poisson et les autres sources traditionnelles.
Ces données renforcent l’idée que le développement de la filière est un axe stratégique transférable pour les nations africaines en quête de souveraineté alimentaire.
Donatien Fernando SOWANOU









