La rentrée scolaire et académique 2026-2027 démarre ce lundi 14 septembre sur toute l’étendue du territoire national. Au Bénin, cette nouvelle année scolaire s’ouvre dans un contexte particulier pour les jeunes filles. La décision du gouvernement d’instaurer la gratuité de la scolarité des filles, de la classe de maternelle jusqu’en Terminale dans les établissements publics, suscite déjà des réactions positives chez les principales concernées.
Pour de nombreuses familles, cette mesure représente d’abord un soulagement financier. Dans un contexte où les dépenses liées à la rentrée scolaire pèsent lourdement sur les budgets des ménages, la prise en charge des frais de scolarité peut permettre à certaines filles de poursuivre leur parcours scolaire sans que les difficultés économiques ne compromettent leur avenir.
« Une très bonne décision »
En Terminale, Abigaelle Tokpon accueille favorablement la mesure. Pour elle, la gratuité peut contribuer à réduire les obstacles financiers qui empêchent encore certaines jeunes filles de poursuivre leurs études.
« Je trouve que c’est une très bonne décision. Beaucoup de parents ont des difficultés à payer les frais de scolarité de leurs enfants. Pour nous, les filles, cette mesure va permettre de continuer les études sans que les problèmes d’argent deviennent un obstacle », explique-t-elle.
Au-delà de la gratuité, l’élève souhaite que les pouvoirs publics poursuivent leurs efforts pour orienter davantage les filles vers les filières scientifiques et techniques. Une préoccupation importante, puisque l’accès à l’école ne garantit pas à lui seul une meilleure représentation des filles dans toutes les disciplines.

Un soutien pour maintenir les filles à l’école
Même constat chez Claudia Hessou, élève en Première. Elle estime que la mesure peut contribuer à alléger les charges qui reposent sur les parents, mais surtout à réduire les risques d’abandon scolaire.
« Cette décision va vraiment soulager nos parents. Parfois, certaines filles abandonnent l’école parce que leurs familles n’ont pas suffisamment de moyens », souligne-t-elle.
Pour Claudia Hessou, la gratuité représente donc plus qu’une simple suppression de dépenses. Elle peut devenir un véritable outil de maintien des filles dans le système éducatif. En permettant à davantage d’élèves de poursuivre leur scolarité jusqu’au baccalauréat, la mesure pourrait aussi renforcer leurs chances d’accéder ensuite aux études supérieures ou à une formation professionnelle.
La gratuité ne suffit pas à elle seule
En classe de Seconde, Hélène Aïna partage également son enthousiasme, tout en attirant l’attention sur un autre enjeu : les conditions d’apprentissage.
« Je suis très contente de cette mesure parce qu’elle montre que le gouvernement pense à l’avenir des jeunes filles. Mais je pense qu’il ne faut pas seulement rendre la scolarité gratuite », estime-t-elle.
Pour elle, l’efficacité de cette politique dépendra aussi de la qualité de l’environnement scolaire. Salles de classe adaptées, toilettes décentes, matériel pédagogique et bonnes conditions d’apprentissage restent indispensables pour permettre aux élèves de tirer pleinement profit de la gratuité.
Un nouveau défi pour l’école béninoise

Les témoignages de ces trois élèves traduisent une attente claire : que la gratuité ouvre réellement les portes de la réussite. La suppression des frais de scolarité peut lever une importante barrière financière, mais elle doit s’accompagner d’un suivi permettant aux filles de rester à l’école, de réussir leurs examens et de poursuivre leurs études.
À l’occasion de cette rentrée 2026-2027, l’enjeu sera donc de transformer cette décision sociale en résultats concrets sur le terrain. Car rendre l’école accessible est une première étape. Donner aux filles les moyens d’y réussir jusqu’au bout constitue le véritable défi.
Firmin DANNON









