Après plusieurs mois d’information et de sensibilisation, la mairie de Cotonou passe à la phase opérationnelle. Depuis ce lundi 21 septembre 2026, les services municipaux ciblent notamment les garages et les épaves de véhicules qui occupent les espaces publics réservés à la circulation. Une opération qui vise à rétablir l’usage normal des rues, trottoirs et autres emprises publiques.
La période de sensibilisation est désormais terminée. À Cotonou, la mairie engage une nouvelle étape dans sa lutte contre l’occupation des espaces publics. Depuis le lundi 21 septembre, les services municipaux peuvent intervenir contre les garages installés sur les emprises publiques ainsi que contre les véhicules abandonnés qui encombrent les voies.
L’annonce avait été faite quelques jours plus tôt, vendredi 18 septembre, par Arlette Saïzonou, première adjointe au maire de Cotonou, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel de ville. L’opération s’inscrit dans le prolongement du communiqué municipal n°13 du 13 avril 2026, qui demandait déjà le retrait des véhicules abandonnés et la libération des espaces publics occupés par des garages.
90 jours pour se mettre en conformité
La mairie insiste sur un point : l’intervention sur le terrain n’a pas été décidée du jour au lendemain. Les services municipaux affirment avoir engagé plusieurs démarches auprès des personnes concernées avant de passer à l’action.
Information, sensibilisation, échanges, préavis, notification et rappel : la procédure s’est voulue progressive. Les chefs d’arrondissement et les chefs de quartier ont également été impliqués afin de relayer les informations auprès des garagistes et des autres occupants des espaces concernés.
Un délai de 90 jours avait notamment été accordé aux occupants pour se mettre en conformité. Parti du 13 avril, ce délai devait prendre fin le 13 juillet 2026. La municipalité affirme toutefois avoir laissé des possibilités supplémentaires de régularisation avant le début des interventions.
Cette chronologie montre que la mairie entend présenter l’opération comme l’aboutissement d’un processus administratif plutôt que comme une intervention brutale. Pour les occupants qui n’ont pas libéré les emprises concernées, la phase de sensibilisation laisse donc désormais place à l’exécution des mesures annoncées.
Pourquoi les garages sont-ils ciblés ?
Au-delà de la question des garages, c’est surtout l’utilisation de l’espace public qui est au cœur de l’opération.
Une rue n’est pas seulement un espace destiné aux véhicules. Les trottoirs, les accotements et les différentes emprises publiques doivent également permettre aux piétons de circuler. Ils servent aussi aux déplacements des élèves, des conducteurs de taxi-moto et des personnes à mobilité réduite.
Lorsqu’un garage transforme une partie de la voie ou du trottoir en espace de réparation, de stationnement ou de stockage, l’espace disponible pour les autres usagers se réduit. Dans certaines zones très fréquentées de Cotonou, cette occupation peut contribuer aux difficultés de circulation et augmenter les risques pour les usagers.
L’enjeu est donc double : rétablir la circulation et préserver l’usage collectif du domaine public.
« Il ne s’agit pas d’une opération de déguerpissement »
La mairie tient cependant à faire une distinction importante. L’opération annoncée n’est pas présentée comme un déguerpissement général des activités économiques.
« Il ne s’agit pas d’une opération de déguerpissement. Il s’agit plutôt d’une action de remise en ordre de l’espace public », a déclaré Arlette Saïzonou.
Cette précision est importante dans un contexte où les opérations de libération d’espaces publics peuvent directement toucher les activités de nombreux petits opérateurs. La municipalité affirme ainsi vouloir faire respecter les règles relatives au domaine public sans remettre en cause, dans son principe, l’activité économique des garagistes.
Le problème se situe donc moins dans l’existence des garages que dans l’endroit où certaines activités sont exercées. Autrement dit, la mairie cherche à faire respecter une limite entre activité économique et occupation d’un espace destiné à l’usage collectif.
Les véhicules abandonnés également concernés
Les garages ne sont pas les seuls visés. Les véhicules abandonnés présents sur les emprises publiques font également partie du dispositif.
Le communiqué municipal du 13 avril prévoyait déjà leur enlèvement et leur mise en fourrière. Ces véhicules peuvent occuper durablement des espaces qui devraient rester disponibles pour la circulation ou le stationnement réglementé.
Pour la mairie, leur retrait répond donc à une logique de salubrité, de sécurité et de mobilité. L’objectif affiché est de débarrasser progressivement certaines rues des obstacles qui réduisent leur fonctionnalité.
Une nouvelle étape dans la réorganisation de Cotonou
Cette opération intervient dans le prolongement d’autres actions menées par la municipalité pour lutter contre certaines occupations jugées irrégulières du domaine public.
En mai 2026, par exemple, un dépôt de carburant installé à proximité d’une école primaire à Hlazounto avait été évacué avec l’appui de la police.
Avec l’opération lancée le 21 septembre, la mairie élargit donc son action à une autre forme d’occupation de l’espace public. Le défi sera désormais de concilier ordre urbain, mobilité et protection des activités économiques.
Car au-delà du nettoyage ponctuel des rues, la véritable question sera celle du suivi. Une emprise publique libérée ne peut rester durablement accessible que si les règles sont connues, appliquées et contrôlées dans le temps.
À Cotonou, la mairie passe ainsi du discours aux actes. Les prochains jours permettront de mesurer l’ampleur réelle des interventions et surtout leur impact sur la circulation et l’organisation des activités dans les quartiers concernés.
Firmin DANNON









