À la suite des vacances scolaires marquées par la détente, le divertissement et la modification du rythme quotidien, le retour sur les bancs de l’école représente une transition parfois brutale pour de nombreux élèves. Le psychologue Rosius Hounton a livré un décryptage et des conseils pratiques pour aider parents, enseignants et élèves à remettre en marche la « machine humaine » sans compromettre l’équilibre psychologique et mental des apprenants.
Après plusieurs mois de relâchement, imposer un changement de rythme brutal du jour au lendemain peut générer du stress, perturber le cycle du sommeil et freiner la motivation de l’enfant. Le psychologue Rosius Hounton recommande d’aborder cette période avec méthode et progressivité. Il faut d’abord réajuster progressivement les heures de coucher et de lever au moins une à deux semaines avant la rentrée. Ensuite, échanger avec l’enfant sur ses appréhensions, ses besoins et la mise en place du nouvel emploi du temps pour instaurer un climat de confiance. Et enfin, il faut éviter les réactions impulsives ou la pression excessive dès la première semaine de cours, car l’adaptation varie considérablement selon l’âge et la personnalité de l’élève.
Pour les tout-petits qui effectuent leurs premiers pas à l’école, la séparation d’avec le cadre familial est fréquemment source de larmes et d’inquiétude. Le spécialiste rassure. Pour lui, ces réactions sont parfaitement naturelles. Il préconise d’adopter une démarche de parentalité positive, fondée sur la bienveillance et la clarté des règles, plutôt que sur la punition ou la brutalité. Si les pleurs persistent exagérément au-delà de plusieurs semaines, il peut s’agir d’une manifestation de phobie scolaire, nécessitant alors le suivi d’un psychologue de l’éducation.
La rentrée impose également une lourde charge d’adaptation du côté des enseignants et des parents. Au-delà de l’exécution des programmes scolaires, les enseignants doivent observer les signes d’isolement, de perte de motivation ou de baisse de concentration chez les élèves pour alerter les familles si les difficultés persistent. Pour les élèves en classes d’examen (Cm2, 3ème et Terminale), les parents doivent privilégier la valorisation des efforts, la reconnaissance de la valeur personnelle et le dialogue, au lieu de stigmatiser ou de qualifier l’enfant de « paresseux » face à une baisse de régime.
Face aux effectifs pléthoriques dans les classes, Rosius Hounton plaide pour l’introduction de modules de base en psychologie dans la formation des enseignants, ainsi que pour le déploiement généralisé de psychologues scolaires au sein des établissements.
Donatien Fernando SOWANOU









